L'Autriche veut stopper les négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE, Erdogan évoque un référendum

EUROPE Les discussions n'ont pas avancé depuis des années...

avec AFP

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Le président turc Erdogan s'exprime après les premiers résultats du référendum en Turquie, le 16 avril 2017.
Le président turc Erdogan s'exprime après les premiers résultats du référendum en Turquie, le 16 avril 2017. — Yasin Bulbul/AP/SIPA

L’Autriche veut durcir la position européenne vis-à-vis de la Turquie. Ce lundi, le ministre autrichien des Affaires étrangères, Sebastian Kurz, a estimé qu’après le référendum turc « Il faut faire preuve de franchise (…). Nous devons stopper les négociations d’adhésion à l’UE et travailler, à la place, à l’établissement d’un accord de voisinage avec la Turquie. »

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Après la courte victoire du « oui » (51,4 %) au changement de constitution turque, le président Recep Tayyip Erdogan va voir ses pouvoirs considérablement renforcés. Il a évoqué dès dimanche la possibilité d’un nouveau référendum sur le rétablissement de la peine de mort. Un sujet considéré comme une ligne rouge par Bruxelles.

Par ailleurs, le président turc a évoqué dimanche l'organisation d'un autre référendum pour décider ou non de poursuivre les négociations d'adhésion à l'Union européenne, au lendemain de sa victoire.

« Ils nous font attendre à la porte de l'Union européenne depuis 54 ans, n'est-ce-pas ? (...) Nous pourrons aller au-devant de notre peuple, et nous obéirons à sa décision », a lancé M. Erdogan lors d'un discours virulent au palais présidentiel à Ankara.

Un avenir commun en pointillé

Les rapports entre la Turquie et l’UE se sont également dégradés dans la dernière ligne droite de la campagne référendaire, M. Erdogan accusant certains pays de « pratiques nazies ». Les négociations d’adhésion de la Turquie sont au point mort depuis des années, mais aucune des deux parties ne s’est résignée à les abandonner formellement.

L’UE a réagi au résultat du référendum en pressant la Turquie de chercher un « consensus national ». M. Erdogan avait indiqué que la candidature de la Turquie à l’UE serait mise « sur la table » après le référendum.