Référendum en Turquie: Les électeurs votent pour ou contre le renforcement des pouvoirs d'Erdogan

POLITIQUE Les bureaux de vote ont ouvert ce matin et le scrutin s'annonce très serré... 

20 Minutes avec AFP

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Si le oui l'emporte, le président Erdogan verra ses pouvoirs renforcés et pourra diriger le pays jusqu'en 2029.
Si le oui l'emporte, le président Erdogan verra ses pouvoirs renforcés et pourra diriger le pays jusqu'en 2029. — Emre Tazegul/AP/SIPA

Les bureaux de votes ont ouvert ce matin en Turquie. Les Turcs doivent se prononcer ce dimanche pour ou contre le renforcement des pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan. Ce référendum crucial pourrait remodeler le système politique du pays et redéfinir ses relations avec l’Occident.

Quelque 55,3 millions de Turcs sont appelés à se rendre aux urnes pour dire oui ou non à une révision constitutionnelle qui prévoit notamment la suppression du poste de Premier ministre au profit d’un hyperprésident. S’il l’emporte, Recep Tayyip Erdogan, qui a échappé à une tentative de putsch il y a neuf mois, disposerait d’un pouvoir considérablement renforcé et pourrait en théorie rester président jusqu’en 2029.

Le gouvernement présente cette réforme comme indispensable pour assurer la stabilité du pays et lui permettre d’affronter les défis sécuritaires et économiques. Mais l’opposition dénonce la dérive autoritaire d’un homme qu’elle accuse de chercher à museler toute voix critique, surtout depuis le putsch manqué. Le scrutin, dont le résultat s’annonce serré, survient au terme d’une longue campagne particulièrement tendue, marquée notamment par une dégradation des relations entre la Turquie et l’Union européenne.

Faire campagne en prison

« Les résultats s’annoncent bons », a assuré samedi le président Erdogan. « Mais cela ne doit pas nous rendre léthargiques. Un oui fort sera une leçon donnée à l’Occident », a-t-il ajouté, après s’en être régulièrement pris à l’Union européenne pendant la campagne.

L’opposition et les ONG ont déploré ces dernières semaines une campagne inéquitable, avec une nette prédominance du oui dans les rues et les médias. La Turquie est par ailleurs sous état d’urgence depuis le putsch manqué. Quelque 47.000 personnes ont été arrêtées et plus de 100.000 limogées ou suspendues. Le parti pro kurde HDP a ainsi dû faire campagne avec ses deux coprésidents et nombre de ses élus en prison, accusés de liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), classé « terroriste » par Ankara et ses alliés occidentaux.

La sécurité occupe une grande place dans l’organisation de ce scrutin. Quelque 33.600 policiers seront déployés à Istanbul pour assurer le bon déroulement du scrutin, selon l’agence de presse progouvernementale Anadolu.