«Une manifestation d’exubérance et d’agitation»

REVUE DE PRESSE Les médias internationaux reconnaissent le Sarko Style mais ont des doutes sur le fond...

Pierre Koetschet

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AFPTV/Pool

Les correspondants des médias étrangers constituaient un important contingent de la légion de journalistes présents mardi à l’Elysée. Leurs analyses se retrouvent dans les journaux étrangers avec souvent moins de complaisance que la presse française. Toujours surprenant, Nicolas Sarkozy n’a pas frappé là où les médias étrangers l’attendaient. Mais pire selon eux, il n’a pas répondu non plus aux attentes des Français.

Pas vraiment convaincu, le correspondant de «La libre Belgique»: «Ceux qui attendaient des annonces sont restés sur leur faim. Sur le pouvoir d’achat, préoccupation première des Français, il a certes proposé d’étendre les mécanismes de participation à tous les salariés et de les doubler, voire tripler. Mais il a surtout reconnu que ses marges de manœuvre sont quasiment nulles: «Le seul objet d’un président de la République serait de dire: «voilà de combien va augmenter le Smic et de vider les caisses?«, a-t-il relevé.»

«Nicolas Sarkozy court le risque de passer à côté de l’essentiel»

«L’ajout d’un préambule de Simone Veil dans la Constitution ou la réflexion sur un nouvel urbanisme, par ailleurs admirables, ne vont pas arrondir leurs fins de mois, du moins à court terme», remarque Sylvain Besson dans le quotidien suisse «Le Temps». «En rêvant de «Nouvelle Renaissance» avant d’avoir traité à la racine les maux économiques de la France, Nicolas Sarkozy court le risque de passer à côté de l’essentiel.»

Comme souvent, faute de parler du fond, les médias étrangers se sont rabattus sur la forme, et le «Sarko style», toujours aussi fascinant pour les médias anglo-saxons.

«Apparemment pas démonté par sa récente chute dans les sondages, Nicolas Sarkozy a semblé plastronner, a décrit Elaine Sciolino, correspondante parisienne du «New York Times», visiblement peu charmée. «Il s’est tortillé, a haussé les épaules, punché l’air avec ses poings, s’est tapé les tempes et a levé les bras au-dessus de sa tête dans une manifestation d’exubérance et d’agitation.»

Constat plus modéré de Charles Bremner, le correspondant du «Times», sur son blog. «Vous pouvez le trouver difficile à supporter, mais on ne peut qu’admirer Super-Sarko pour son côté showman et son pouvoir de persuasion. Parfois menaçant, parfois copain, il a une façon bien à lui de déminer les polémiques en ne laissant aucune place pour la contestation.»