«Russiagate»: Le FBI a surveillé un ex-conseiller de Donald Trump

ETATS-UNIS Les autorités soupçonnaient Carter Page d'être un agent de Moscou...

P.B.

— 

L'ancien conseiller de Donald Trump, Carter Page, lors d'une conférence organisée par l'agence de presse gouvernementale russe Sputnik, le 12 décembre 2016.
L'ancien conseiller de Donald Trump, Carter Page, lors d'une conférence organisée par l'agence de presse gouvernementale russe Sputnik, le 12 décembre 2016. — P.GOLVNIK/AP/SIPA

On savait déjà par des fuites que Carter Page est l’un des quatre proches de Trump sur qui enquête le FBI. Mais selon des informations du Washington Post, il ne s’agit pas de simple curiosité : le bureau fédéral a obtenu un mandat de la cour secrète Fisa pour surveiller les communications de cet ancien conseiller de Donald Trump dès l’été 2016, en pleine campagne présidentielle.

>> A lire aussi : Le guide pour comprendre le feuilleton qui menace le président Trump

Selon le quotidien américain, le FBI et le département de la Justice ont convaincu un juge qu’il y avait une « raison suffisante » de soupçonner que Carter Page agissait comme agent d’une puissance étrangère au profit de la Russie. A ce stade, il n’a pas été inculpé mais le directeur du FBI, James Comey, a indiqué devant le Congrès que l’enquête était loin d’être terminée.

Un des cinq conseillers sur la politique étrangère

Depuis le début du feuilleton, la Maison Blanche cherche à prendre ses distances avec Page. L’ancienne porte-parole de Donald Trump, Hope Hicks, affirme qu’il n’était qu’un conseiller « informel » et qu’il n’a jamais rencontré personnellement le candidat. Sauf qu’au printemps 2016, avait été listé par Donald Trump en personne comme l’un de ses cinq conseillers sur la politique étrangère. Sur cette liste, deux personnes ont aujourd’hui un rôle officiel à la Maison Blanche.

Page, un ancien banquier de Merrill Lynch qui a travaillé à Moscou il y a une dizaine d’années, avait été présenté à l’époque comme un expert en énergie et sur la Russie. Depuis il a reconnu qu’il avait été en contact avec un espion russe qui cherchait à recruter des agents aux Etats-Unis, mais il affirme qu’il n’a échangé que quelques emails professionnels.

Sur Fox News, mercredi, Donald Trump a estimé que ces révélations confirment que sa campagne a été mise sur écoute. Mais comme l’a souligné l’expert du renseignement Malcolm Nance sur MSNBC, il s’agit d’une surveillance légale ordonnée par les autorités et pas par Obama. Et selon lui, pour obtenir un tel mandat, il faut en général avoir « de sérieux éléments ». Reste à en connaître la nature.