Présidentielle en Iran: Mahmoud Ahmadinejad crée la surprise en se portant candidat

POLITIQUE L'ex-président ultraconservateur a déposé sa candidature malgré l'opposition du guide suprême, l'ayatollah Khamenei...

20 Minutes avec agences

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L'ex-président ultraconservateur iranien Mahmoud Ahmadinejad.
L'ex-président ultraconservateur iranien Mahmoud Ahmadinejad. — Hadi Mizban/AP/SIPA

Mahmoud Ahmadinejad a créé la surprise et la confusion ce mercredi en se portant candidat à la présidentielle iranien qui se déroulera ce 19 mai. En retrait depuis son départ de la présidence en 2013, l’ex-président ultraconservateur iranien s’est rendu dans la matinée au ministère de l’Intérieur pour s’enregistrer officiellement comme candidat.

En septembre 2016, l’ancien homme fort de l’Iran avait annoncé qu’il ne serait pas candidat après une intervention de l’ayatollah Ali Khamenei le dissuadant de l’être afin d’éviter une « bipolarisation nocive ».

« Soutenir la candidature de mon frère Hamid Baghaie »

Mahmoud Ahmadinejad a dès lors expliqué que cette inscription ne signifiait pas qu’il désirait retrouver le poste qu’il a occupé durant huit ans à partir de 2008. Sa candidature vise, selon lui, à soutenir la candidature de son ex-vice-président Hamid Baghaie.

« Le guide suprême m’a conseillé de ne pas participer à l’élection et je l’ai accepté (…) Je respecte ma parole. Mon enregistrement vise simplement à soutenir la candidature de mon frère Hamid Baghaie », a déclaré l’ex-président, en s’adressant à la presse. Et de souligner au passage que « le conseil » exprimé par le guide suprême « n’était pas une interdiction » à concourir.

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« Il a signé son arrêt de mort »

Pour l’expert Farzan Sabet, du Center for International Security and Cooperation à l’université de Stanford, la candidature de Mahmoud Ahmadinejad est un « choc ». Selon lui, il sera difficile pour le Conseil des Gardiens de disqualifier celui qui a été président pendant huit ans.

Du côté des conservateurs, on affirme que l’ancien président a franchi une ligne rouge. « Il a signé son arrêt de mort » politique avec ce geste, a même écrit Saïd Ajorlou, qui dirige l’hebdomadaire conservateur Mossalas.

Huit femmes inscrites

Lancées mardi, les opérations d’enregistrement des candidats se poursuivent jusqu’à samedi. Tous les Iraniens pouvant se porter candidat, 197 personnes s’étaient déjà inscrites à la mi-journée, parmi lesquels huit femmes.

Jusque-là, aucune femme n’a cependant jamais été autorisée à se présenter à la présidentielle par le Conseil des Gardiens de la constitution. Ce Conseil, un organe contrôlé par les religieux conservateurs, doit approuver la liste des candidats retenus d’ici au 27 avril.

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