Brésil: Une centaine de personnalités politiques inquiétées dans le scandale Petrobras

JUSTICE Sont visés par ces enquêtes les trois derniers présidents de la République, le maire de Rio de Janeiro pendant les Jeux Olympiques de 2016 et neuf membres du gouvernement…

20 Minutes avec agences

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Manifestation devant le siège de la compagnie Petrobras à Rio de Janeiro.
Manifestation devant le siège de la compagnie Petrobras à Rio de Janeiro. — Silvia Izquierdo/AP/SIPA

La Cour suprême a donné, ce mardi, son feu vert à l’ouverture de multiples enquêtes dans le cadre du scandale Petrobras, visant notamment de nombreux ministres du gouvernement du président conservateur Michel Temer.

Une liste dressée par Edson Fachin, juge du Tribunal suprême fédéral

Au Brésil, cette décision a fait l’effet d’une véritable bombe. Pourquoi ? Parce que ce n’est pas mois de 108 personnalités politiques de premier plan, y compris des dizaines de députés et sénateurs, qui figurent sur une liste de personnes protégées par une immunité, dressée par Edson Fachin, juge du Tribunal suprême fédéral (STF), la plus haute juridiction du pays. Toutes sont soupçonnées d’être impliquées dans un vaste réseau de corruption ayant détourné plus de deux milliards de dollars de Petrobras, la compagnie pétrolière d’Etat.

Environ un tiers des membres du gouvernement actuel figurent dans cette liste, dont certains ministres-clés, comme l’influent Eliseu Padilha, chef de la Maison civile, qui a rang de quasi-Premier ministre dans le système politique brésilien.

Les trois derniers présidents concernés

Sont aussi visés par l’enquête le ministre des Affaires étrangères, Aloysio Nunes, nommé en mars, ou le ministre de l’Agriculture, Blairo Maggi, en évidence lors du scandale de viande avariée qui a secoué le Brésil ces dernières semaines. Les trois derniers présidents de la République, parmi lesquels Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), et le maire de Rio de Janeiro pendant les Jeux Olympiques de 2016 sont également sans le viseur du juge Fachin. Ce dernier a cependant renvoyé leurs cas vers d’autres instances, dans la mesure où ils ne jouissent pas d’immunité.

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Le Congrès brésilien est aussi atteint de plein fouet : les présidents des deux chambres figurent sur la liste ainsi que 29 des 81 sénateurs et 40 des 513 députés.

Les confessions explosives de 77 anciens cadres du géant du BTP Odebrecht

Pour rappel, en mars dernier, le procureur général du Brésil, Rodrigo Janot, avait demandé l’ouverture de 83 enquêtes contre des ministres et parlementaires jouissant d’une immunité et qui ne peuvent être jugés que par la Cour suprême.

Cette requête avait été envoyée sur la base des confessions explosives de 77 anciens cadres du géant du BTP Odebrecht ayant noué des accords avec la justice contre de futures remises de peine.

Pots-de-vin, caisses noires et marchés surfacturés

L’opération « Lavage-Rapide », enquête tentaculaire ouverte en 2014, a révélé que le groupe Odebrecht était au cœur du vaste système de versement de pots-de-vin que les plus grandes entreprises du bâtiment du pays avaient monté, réunies au sein d’un cartel illicite, depuis au moins le début des années 2000 pour obtenir des marchés surfacturés. En retour, étaient versées des commissions alimentant les caisses noires de partis politiques et d’élus influents.

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Les délits les plus récurrents dans ce dossier sont la « corruption passive et active », la « délinquance financière », le « blanchiment d’argent » et « l’association de malfaiteurs ». Des dizaines de chefs d’entreprise, cadres d’entreprises, intermédiaires et de politiciens de tous bords sont déjà sous les verrous. Reste que selon certains médias brésiliens, la longue liste des ministres cités dans l’affaire pourrait néanmoins être ramenée à seulement huit noms.