Russie: Les homosexuels victimes de tortures et de purges en Tchétchénie

SOCIETE Le journal d’opposition russe « Novaya Gazeta » explique que les autorités ont entrepris une vaste purge…

H. B.

— 

Illustration d'une manifestation LGBT.
Illustration d'une manifestation LGBT. — Middlebrook / SIPA

Tortures, persécutions, enlèvements… Une vaste opération de purge contre les homosexuels est en cours en Tchétchénie, révèle le quotidien russe Novaya Gazeta cité par Courrier internationalLe journal d’opposition dévoile l’existence de « camps homosexuels » et relate ainsi la disparition de centaines d’hommes âgés de 16 à 50 ans, en raison de leur orientation sexuelle réelle ou supposée.

D’après les témoignages anonymes recueillis par le journal d’enquête, les détenus seraient torturés. « Nous pouvons dire avec certitude qu’au moins 100 personnes ont été enlevées, que ces personnes ont été détenues illégalement en prison, elles ont été torturées avec de l’électricité et des dizaines ont été tuées, » a affirmé Igor Kochetkov, militant LGBT.

« Des purges préventives » en prévision d’une gay pride

Plusieurs ONG ont confirmé ces arrestations arbitraires et ces enlèvements. Depuis le 29 mars, le réseau LGBT de Russie diffuse par ailleurs sur les réseaux sociaux un communiqué informant de la création d’une ligne d’urgence pour les habitants du Caucase du Nord : « Si vous vous sentez en danger, si l’on vous menace, contactez-nous immédiatement à l’adresse kavkaz@lgbtnet.org ».

>> A lire aussi : Un projet de loi pour sanctionner les hommes se présentant publiquement comme gays

Des organisations de défense des droits humains, comme Amnesty International et Human Rights Watch, ont demandé aux autorités tchétchènes d’ouvrir une enquête. En réponse, le porte-parole de la présidence tchétchène a expliqué « qu’on ne peut pas arrêter les homosexuels en Tchétchénie, tout simplement parce qu’il n’y en a pas ! »

Cette vague de répression ferait suite aux démarches entreprises début mars par des militants de la communauté LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et trans) qui souhaitaient organiser des gay prides dans plusieurs villes du Caucase du Nord.