Cour suprême: L'option nucléaire activée pour confirmer le juge Gorsuch

ETATS-UNIS Les républicains ont changé les règles pour un vote à la majorité simple...

Philippe Berry
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Donald Trump a annoncé la nomination du juge Neil Gorsuch à la Cour suprême, le 31 janvier 2017.
Donald Trump a annoncé la nomination du juge Neil Gorsuch à la Cour suprême, le 31 janvier 2017. — Shutterstock/SIPA

Boum ! Face à l’obstruction démocrate, les républicains vont passer en force, vendredi, pour confirmer le juge Neil Gorsuch à la Cour suprême. Jeudi, ils ont changé la règle de confirmation, passant d’une majorité qualifiée au 3/5 de 60 sénateurs sur 100 à une majorité simple de 51 voix. Cette fameuse « option nucléaire » aura des retombées qui se feront ressentir pour de nombreuses années – et pourrait un jour se retourner contre les républicains si les démocrates reprennent le pouvoir 2020.

Pour changer les règles, les deux partis ont serré les rangs. La mesure a été approuvée par 52 voix (tous les républicains) contre 48 (tous les démocrates), dans un vote retransmis en direct. Le patron du Sénat, le républicain Mitch McConnell, s’est félicité, annonçant un vote final pour confirmer Gorsuch ce vendredi.


Les démocrates l’ont mauvaise

Les démocrates se sont battus bec et ongles car ils estiment que les républicains ont fait de l’anti-jeu. Le juge conservateur Antonin Scalia est en effet décédé alors que Barack Obama était au pouvoir. Mais les sénateurs républicains ont bloqué la confirmation du candidat choisi par le président démocrate, estimant que vu l’enjeu, il appartenait aux citoyens américains de décider en choisissant le futur locataire de la Maison Blanche.

Si Neil Gorsuch est confirmé, la Cour suprême va repencher à droite avec cinq juges étiquetés conservateurs et quatre libéraux. Mais la situation pourrait être amenée à changer assez rapidement, alors que trois juges ne sont plus tout jeunes. Tous les yeux sont surtout braqués sur la santé de la progressiste Ruth Bader Ginsburg (84 ans). Nommés à vie, les juges attendent en général l’arrivée d’un président proche de leur idéologie pour partir à la retraite. Ginsburg, qui ne cache pas son dédain pour Donald Trump, va donc devoir s’accrocher encore trois ans et espérer qu’un démocrate s’impose en 2020, sous peine de voir la Cour pencher à 6-3, ce qui pourrait provoquer des grandes batailles, notamment autour de l’avortement.