Crise à Naples: 100.000 tonnes d'ordures

ITALIE Alors que les immondices s'accumulent dans les rues, des habitants refusent la réouverture d'un centre de traitement de déchets...

20minutes.fr avec agences

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La "tragédie des déchets" qui frappe depuis la fin de l'année 2006 la ville de Naples et ses environs "doit être résolue", a déclaré dimanche le président de la République italienne Giorgio Napolitano.
La "tragédie des déchets" qui frappe depuis la fin de l'année 2006 la ville de Naples et ses environs "doit être résolue", a déclaré dimanche le président de la République italienne Giorgio Napolitano. — Francesco Pischetola AFP

100.000 tonnes d'ordures se seraient accumulées depuis un an dans les rues de la province de Campanie dont Naples est le chef-lieu. Cette estimation de l’agence de presse italienne Ansa publiée dimanche se fonde sur des sources officielles. Rien qu’à Naples, qui offre le spectacle désolant de tas d'immondices, de bennes débordantes et de sacs poubelle, plus de 4.500 tonnes jonchent les rues de la ville.

«Offense à la dignité humaine»
Désormais, il convient de mettre fin à la «tragédie des déchets» - selon les mots dimanche du président de la république italienne, Giorgio Napolitano — qui dure, dans la région de Naples depuis 1994, en raison notamment de l'insuffisance des centres de retraitement. C’est «une offense à la dignité humaine, qui blesse gravement notre territoire et entrave le développement économique», a ajouté Mgr Gennaro Pascarella, l'évêque de Pozzuoli, une ville à l'ouest de Naples, dont le message a été lu dans plusieurs paroisses, ainsi qu'aux manifestants qui continuent de bloquer les accès à la décharge de Pianura.

Peur à Pianura
Outre la saturation de nombreux centres de retraitement et après des conflits sociaux ou des fermetures de centre par la justice en raison de leur infiltration par la Camorra, la situation a en effet pris un tour nouveau ces derniers jours près de la décharge de cette ville de la périphérie de Naples : la population locale s'oppose à la réouverture de la décharge, fermée en 1996, par crainte de nuisances. Elle devait rester en service toute l'année 2008 jusqu'à la mise en service d'un incinérateur prévue début 2009.

Colère de l’UE
Depuis cette date, l'Etat italien a dépensé un milliard d'euros et nommé 8 commissaires ad hoc qui se sont succédé pour régler la crise sans que la situation ne s'améliore.

La Commission européenne a engagé en juin des poursuites à l'encontre de l'Italie, estimant que la situation des déchets dans la région de Naples constituait «une infraction à la législation communautaire» en la matière.

«Les déclarations de bonne volonté ne suffisent plus. Les autorités italiennes doivent agir, prendre des mesures concrètes et immédiates pour résoudre la situation en tenant compte des exigences de santé publique et de protection de l'environnement», a déclaré à La Repubblica le commissaire européen à l'Environnement Stavros Dimas.

Une réunion du gouvernement est prévue lundi à Rome alors que Romano Prodi a affirmé samedi soir vouloir régler «définitivement» ce problème. Il a aussi ordonné une réouverture des écoles, lundi comme prévu, alors que plusieurs maires s'y opposent pour des raisons d'hygiène.