VIDEO. Canada: De mystérieux appareils d’espionnage découverts près du Parlement suscitent l’inquiétude

ENQUETE Ils peuvent intercepter les communications des téléphones dans un rayon de 500 mètres…

M.C.

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Le rayon d'action des appareils découverts englobe le Parlement canadien, les bureaux du Premier ministre, les bureaux de Radio-Canada et plusieurs ambassades.
Le rayon d'action des appareils découverts englobe le Parlement canadien, les bureaux du Premier ministre, les bureaux de Radio-Canada et plusieurs ambassades. — Radio-Canada

A qui appartiennent donc les appareils espions ? La police fédérale et les services de renseignement canadiens enquêtent sur de mystérieux dispositifs d’interception de communications électroniques découverts à Ottawa. Installés non seulement sur la colline du Parlement de la capitale canadienne mais aussi à proximité des bureaux de Radio-Canada, ils imitent un relais téléphonique pour intercepter les communications des téléphones qui s’y connectent.

« L’activité n’implique pas une agence canadienne » et le gouvernement enquête « activement » sur la source des appareils d’interception électroniques de type StingRay découverts autour du siège du gouvernement fédéral, a expliqué mardi le ministre de la Sécurité publique Ralph Goodale.

Lundi, une enquête des chaînes publiques CBC/Radio-Canada avait révélé que les appareils, disséminés autour de la colline du Parlement, engloberaient dans leur périmètre « d’action » les bureaux du Premier ministre Justin Trudeau, la Défense nationale, mais aussi les ambassades des Etats-Unis et d’Israël.

Chine, Russie et Etats-Unis ont nié toute responsabilité

Ces capteurs « peuvent suivre la trace de votre téléphone, écouter vos appels et lire vos textos. Ils peuvent aussi vous empêcher de faire des appels et peuvent envoyer de faux messages en votre nom », explique un expert sollicité par Radio-Canada.

Le ministre de la Sécurité publique s’est dit « très intrigué de trouver la source » de cette surveillance électronique, tout en mentionnant que le gouvernement canadien utilise parfois cette technologie « dans le cadre de la loi ». Après avoir précisé que les agences de renseignement lui ont confirmé ne pas utiliser ces appareils autour du Parlement, il n’a pas exclu la possibilité de l’utilisation de tels appareils par le crime organisé ou par des sources gouvernementales étrangères.

Interrogées par Radio-Canada, l’ambassade de Chine et celle de Russie ont nié toute responsabilité, l’ambassade d’Israël a indiqué ne pas être au courant d’une telle surveillance, et l’ambassade américaine n’a pas souhaité commenter. « Nous voulons être sûrs d’aller au fond des choses, d’établir les faits, et la Gendarmerie royale du Canada et le Service canadien du renseignement de sécurité sont dans la meilleure position pour le faire », a souligné Ralph Goodale.