L'armée colombienne a-t-elle fait capoter la libération des otages des Farc?

COLOMBIE Elle a annoncé avoir tué un membre important de la guérilla le jour même du report de la mission humanitaire...

© 2008 AFP

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L'échec de l'opération visant à récupérer trois otages des Farc continuait jeudi d'alimenter les spéculations en Colombie, où l'armée a annoncé avoir tué un membre important de la guérilla le jour même du report de la mission humanitaire organisée par le Venezuela.
L'échec de l'opération visant à récupérer trois otages des Farc continuait jeudi d'alimenter les spéculations en Colombie, où l'armée a annoncé avoir tué un membre important de la guérilla le jour même du report de la mission humanitaire organisée par le Venezuela. — Mauricio Duenas AFP

Le chef de la guérilla marxiste des Farc, Manuel Marulanda, a appelé à une «offensive générale» en Colombie, où les spéculations continuaient d'aller bon train ce jeudi après l'échec de l'opération humanitaire visant à récupérer trois otages des Farc.

Le fondateur de la guérilla, en rébellion contre les autorités depuis 1964, appelle à «des actions armées sur les routes, dans les hameaux, les centres urbains, les villages et les casernes sans laisser de trêve à l'ennemi».


Ce message, daté du 24 décembre, a été rendu public au moment où l'armée a annoncé avoir tué un membre important de la guérilla le jour même du report de la mission humanitaire organisée par le Venezuela.

Abattu le 31 décembre

Présenté comme un «émissaire et homme de confiance du secrétariat» des Farc, l'organe dirigeant de la rébellion marxiste, le guérillero a été abattu le 31 décembre au cours d'«intenses combats», selon l'armée.

Ce même jour, les Forces armées révolutionnaires de Colombie avaient adressé au président vénézuélien Hugo Chavez un message annonçant le report de la triple libération en raison de la persistance d'opérations militaires.

Le guérillero tué, identifié seulement par son surnom «Carpintero» (Charpentier), «était chargé de planifier et mettre en oeuvre les enlèvements politiques et les rackets au niveau national et international», a affirmé l'armée dans un communiqué publié sur son site Internet.

Les hélicoptères sont repartis

Les combats se sont déroulés dans le département colombien d'Arauca, limitrophe de l'Etat vénézuélien d'Apure où se trouve l'un des aéroports qui avaient été préparés par les Vénézuéliens pour accueillir les trois otages après leur libération.

La mission humanitaire, provisoirement installée à Villavicencio dans le département colombien de Meta (centre), devait aller récupérer dans la forêt Clara Rojas, l'adjointe de l'ex-candidate présidentielle franco-colombienne Ingrid Betancourt, son fils Emmanuel et une ancienne parlementaire, Consuelo Gonzalez.

Les quatre hélicoptères envoyés par Hugo Chavez pour cette délicate opération sont repartis jeudi vers le Venezuela.

Nouvelle tentative?

Les délégués internationaux de la mission se sont dit prêts à participer à une nouvelle tentative, en cas d'accord préalable solide sur le «déroulement de l'opération», selon le chef de la diplomatie argentine Jorge Taina.

S'il n'a jamais évoqué la suspension des opérations militaires, le président colombien Alvaro Uribe avait affirmé qu'aucun combat n'avait été enregistré dans la région prévue pour la libération, où il a «donné l'ordre de ne pas tirer un seul coup de feu».

Pour les autorités colombiennes, le report de la mission serait dû au fait que les Farc ne détiennent plus Emmanuel, le fils de Clara Rojas, qui serait hébergé depuis deux ans dans un foyer à Bogota.

Le sort d'Emmanuel

L'homme qui a recueilli puis remis le prétendu Emmanuel aux services de l'enfance, assure qu'il s'agit bien du garçon né en captivité il y a trois ans. Selon cet habitant du département de Guaviare (sud-est), qui a réclamé la protection de l'Etat, la guérilla lui en aurait confié de force la garde, avant de venir le lui réclamer en vue de l'opération humanitaire.