Les tours-operateurs jouent le principe de précaution

Sandrine Cochard

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La police kényane tentait jeudi matin à Nairobi de disperser, par la force, des centaines de partisans de l'opposition qui cherchaient à se rendre à un rassemblement interdit convoqué par le candidat malheureux à la présidentielle du 27 décembre, Raila Odinga.
La police kényane tentait jeudi matin à Nairobi de disperser, par la force, des centaines de partisans de l'opposition qui cherchaient à se rendre à un rassemblement interdit convoqué par le candidat malheureux à la présidentielle du 27 décembre, Raila Odinga. — Roberto Schmidt AFP

Les tours-opérateurs français se veulent rassurants sur la situation au Kenya. Par la voix du Ceto, qui regroupe plus d'une soixantaine de professionnels, les voyagistes ont affirmé leur confiance dans les autorités kenyanes et rappelé qu'aucun touriste français n'avait demandé son rappatriement.

15 jours de suspension

Le principe de précaution est néanmoins appliqué, et aucun nouveau départ n'aura lieu avant le 19 janvier. A cette date, ils pourront reprendre en fonction de la situation, a souligné le président du Ceto, René-Marc Chikli

«La règle de prudence nous impose de prolonger la suspension des départs pendant une quinzaine de jours, compte tenu des derniers événements, mais nous espérons reprendre le 19 janvier», a déclaré René-Marc Chikli à l'issue d'une réunion de crise des principaux membres du Ceto. Cela concerne 1.200 séjours sur le mois de janvier, a-t-il précisé.

Report ou remboursement

Le président du Ceto a précisé que sur le millier de clients partis cette semaine en vacances au Kenya, il en restait «500, qui vont rentrer en France aux dates prévues». «Néanmoins, les touristes sur place poursuivent normalement leur safari, assure Jean-Marc Siano, directeur de Nouvelles frontières. Seuls deux se sont inquiétés de la situations mais nous leur avons conseillé des rester sur place, ce qu'ils ont fait jusqu'à leur retour prévu le 2 janvier.»

Fondamentalement, les tour-opérateurs estiment que les touristes sur place ne sont pas «en danger» et relativisent la situation, affirmant que les ressortissants étrangers sont hébergés en dehors des zones de troubles. De plus, les autorités kenyannes participent aux opérations de sécurité encadrant le transport des touristes vers l'aéroport. Le scénario du pire, à savoir un rapatriement général, n'est pas envisagé.

Par ailleurs, pour les clients concernés par la mesure de suspension, le Ceto propose «le report, sans frais, sur la même destination ou une autre destination du tour-opérateur à une date ultérieure» valable pour 12 mois maximum. Autre option: les voyageurs qui le souhaitent pourront demander le remboursement du voyage, selon René-Marc Chikli.

L'Europe inquiète

Ailleurs en Europe, de nombreux tour-opérateurs ont suivi l'exemple de la France, l'Allemagne, l'Autriche, la Suisse, l'Italie, l'Autriche, les Pays-Bas, le Portugal, l'Espagne et des pays scandinaves.

Ainsi, en Allemagne, le voyagiste Thomas Cook permet à ses clients qui ont réservé un voyage vers le Kenya de l'annuler ou le reporter sans frais, pour les départs prévus jusqu'au 11 janvier. Son concurrent TUI a annoncé une mesure similaire, pour les départs jusqu'au 13 janvier.

Au Royaume-Uni, le Foreign Office, qui ne déconseillait les voyages que dans plusieurs régions du pays et quartiers de Nairobi et Mombasa jusqu'à présent, a mis en garde mercredi soir contre «tout voyage non essentiel au Kenya».

Les autorités belges ont également pris ce parti mercredi: les voyagistes Jetair (filiale de TUI) et Thomas Cook/Neckermann ne prennent plus de réservations vers le Kenya. Thomas Cook a supprimé toute la saison d'hiver.

Le Kenya est une destination touristique de plus en plus prisée par les Français: en 2003, ils étaient 32.353 à s'y être rendus, trois ans plus tard, ils étaient 50.281.