Quatre nouveaux morts au Kenya

Sa. C. avec agence

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Plus de 300 personnes ont été tuées dans la vague de violences qui a accompagné la réélection contestée du président Mwai Kibaki.
Plus de 300 personnes ont été tuées dans la vague de violences qui a accompagné la réélection contestée du président Mwai Kibaki. — Roberto Schmidt AFP

La situation est toujours instable, au Kenya où quatre nouvelles personnes ont été tuées jeudi, a-t-on appris de source policière. Trois personnes ont été tuées par la police à Mingori, une localité de l'ouest du pays, lorsqu'un groupe de manifestants a encerclé un poste de police, a expliqué à l'AFP un haut responsable de la police sous couvert d'anonymat.

Tensions à Nairobi

A Nairobi, théâtre d’un rassemblement tendu depuis jeudi matin, «un homme a été électrocuté par un câble électrique qui avait été sectionné par une balle tirée par la police», a dit une autre source policière.

Ces décès portent à au moins 346 le nombre de tués dans les violences politico-ethniques depuis le 27 décembre, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources policières et hospitalières et auprès de plusieurs morgues.

Nairobi s'est réveillée jeudi matin dans une atmosphère d'état de siège avec des milliers de policiers déployés dans la capitale pour contrecarrer la manifestation interdite, organisée après plusieurs journées d'émeutes par le candidat malheureux à la présidentielle du 27 décembre, Raila Odinga.

Tirs à balles réelles

La police a utilisé des canons à eau, tiré en l'air à balles réelles et eu recours aux gaz lacrymogènes en direction de partisans d’Odinga rassemblés autour de barricades en feu aux abords du bidonville de Kibera, l'un des fiefs du chef de l'opposition, selon l'AFP. «Nous rappelons une nouvelle fois que ce rassemblement a été déclaré illégal et que toute personne y prenant part sera traitée conformément à la loi», a averti le porte-parole de la police kényane, Eric Kiraithe, dans un communiqué.

100.000 personnes déplacées

Tous les accès au bidonville de Kibera, le plus grand de la ville et dont Odinga est le député, étaient bloqués par la police anti-émeutes et la police paramilitaire (GSU). Dans le centre-ville, des membres de la GSU avaient pris position tout autour du parc Uhuru, où Raila Odinga a demandé à ses partisans de se rassembler. Les accès d'un hôtel proche du parc étaient barrés par des rouleaux de barbelés.

Le procureur général du Kenya, Amos Wako, a estimé jeudi «nécessaire» de mener une enquête «indépendante» sur les élections générales du 27 décembre. Mais selon lui, la réélection, contestée, du chef de l'Etat sortant Mwai Kibaki lors des scrutins du 27 décembre ne peut être annulée que par la Cour constitutionnelle.

Les violences des derniers jours ont fait environ 100.000 personnes déplacées, selon la Croix-Rouge kenyane qui a lancé jeudi un appel de don de 7,5 millions de dollars (5,1 millions d'euros).