Côte d'Ivoire: «Prison à vie» requis contre Simone Gbagbo pour crime contre l'humanité

JUSTICE Le verdict est attendu ce mardi...

Manon Aublanc avec AFP

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L'ancienne Première dame de Côte d'Ivoire Simone Gbagbo au tribunal d'Abidjan le 9 mai 2016
L'ancienne Première dame de Côte d'Ivoire Simone Gbagbo au tribunal d'Abidjan le 9 mai 2016 — ISSOUF SANOGO AFP

Le procureur général du tribunal d’Abidjan a requis, ce mardi, une peine d’emprisonnement à vie à l’encontre de l’ex-première dame de Côte d’Ivoire, Simone Gbagbo : « Messieurs les jurés, vous déclarerez Mme Gbagbo coupable de crime contre l’humanité et de crime de guerre  et vous la condamnerez à l’emprisonnement à vie », a déclaré le procureur Aly Yéo à l’issue d’une heure de réquisitoire.

Elle se serait imposée comme la véritable chef de la Côte d’Ivoire

Selon le procureur, « elle a commencé à s’imposer depuis l’accession de son époux [Laurent Gbagbo au pouvoir en 2000] comme le véritable chef de la Côte d’Ivoire, de l’armée, de la police et de la gendarmerie ». L’ex-première dame de Côte d’Ivoire a été le chef d’une cellule de crise, « véritable organe décisionnel sur le plan sécuritaire », souligne le parquet général, sous la base des documents pris chez le couple présidentiel, lors de leur arrestation le 11 septembre 2011.

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Selon le procureur, « elle a répondu à des correspondances de marchands d’armes qui lui proposaient des achats d’armes et d’hélicoptères de combat ». Le jury s’est retiré après le réquisitoire pour délibérer. Le verdict est attendu ce mardi.

Simone Gbagbo, précédemment condamnée à 20 ans de prison

Simone Gbagbo est jugée pour son implication présumée dans des tirs d’obus sur le marché d’Abobo, un quartier d’Abidjan favorable à Alassane Ouattara - rival de son mari Laurent Gbagbo à la présidentielle de novembre 2010 - et pour sa participation à une cellule qui organisait des attaques menées par des milices et des militaires proches du régime.

Ces crimes ont été commis lors de la crise qui a fait plus de 3.000 morts en cinq mois dans le pays, après le refus de Laurent Gbagbo de reconnaître la victoire électorale d’Alassane Ouattara. Simone Gbagbo purge déjà une peine de 20 ans de prison pour « atteinte à la sûreté de l’Etat », prononcée en 2015.