Le parti de Merkel remporte une victoire prometteuse à une élection régionale

ALLEMAGNE Cette première élection de l'année doit permettre de mesurer la capacité du social-démocrate Martin Schulz à faire vaciller Angela Merkel...

D.B. avec AFP

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Angela Merkel à Rome en mars 2017.
Angela Merkel à Rome en mars 2017. — Mimmo Chianura/AGF/SIPA

Un bon présage pour la chancelière en en vue des futures législatives ? Le parti conservateur d’Angela Merkel a nettement remporté dimanche une élection régionale en Sarre avec au moins 40 % des voix, douchant les espoirs des sociaux-démocrates, selon les estimations des chaînes de télévision.

Le parti social-démocrate a été nettement distancé lors de ce scrutin test, avec entre 29 % et 30 % des voix selon les chaînes publiques ARD et ZDF, alors que cette première élection de l’année devait mesurer la capacité réelle de son nouveau dirigeant Martin Schulz à faire vaciller Angela Merkel après douze ans de pouvoir. Les derniers sondages avant le scrutin avaient prédit plus de 30 % au SPD.

Le SPD est même en recul par rapport à son score du dernier scrutin pour le renouvellement du parlement régional en Sarre, en 2012, où il avait obtenu 30,6 % des voix, alors que la CDU de Mme Merkel, elle, progresse de cinq points à 41 % selon ARD et 40 % selon ZDF.

Les derniers mois ont été durs pour Merkel

Même si la portée de ce scrutin est relative, car la Sarre ne compte que 800 000 habitants, soit seulement 1 % de la population allemande, il était scruté de près en vue des élections législatives du 24 septembre.

Le résultat va requinquer la chancelière, alors qu’elle subissait l’effet conjugué ces derniers mois des critiques à droite contre sa politique migratoire généreuse et de la poussée à gauche des sociaux-démocrates dans les sondages depuis le début de l’année suite à l’arrivée à leur tête de Martin Schulz, l’ancien président du Parlement européen.

La Sarre constitue a contrario un revers pour lui, alors que les derniers sondages nationaux prédisaient une lutte au coude-à-coude avec le parti chrétien-démocrate d’Angela Merkel en vue des législatives de septembre.

L'« effet Schulz » sur le SPD pas si sûr que ça 

L'« effet Schulz » sur lequel pariait le SPD, avec un discours clairement à gauche sur les questions sociales et une volonté de s’afficher comme homme « proche du peuple », montre ainsi, en tout cas provisoirement, ses limites. Le SPD espérait au moins en Sarre talonner la CDU, afin de pouvoir quand même, par le jeu des alliances, s’emparer du pouvoir régional en formant une coalition avec la gauche radicale de Die Linke. Cette dernière est créditée de 13 à 14 % des voix par les chaînes de télévision.

Le nombre combiné de sièges des deux partis de gauche ne suffira pas à forger une telle coalition dite « rouge-rouge », et les écologistes n’ont pas réussi dans le même temps à dépasser le seuil minimum de 5 % pour entrer au parlement régional.

Le SPD ne devrait avoir d’autre choix que de rester partenaire minoritaire d’une coalition dirigée plus fermement que jamais par la CDU et sa cheffe de file locale, Annegret Kramp-Karrenbauer, surnommée la « Merkel de la Sarre » et que la chancelière considère, à en croire les médias allemands, comme sa dauphine désignée.