Remplacement d'Obamacare: Trump tente un coup de poker et lance un ultimatum aux républicains

ETATS-UNIS Le président a exigé un vote ce vendredi, mais il n'est pas sûr d'avoir une majorité...

20 Minutes avec AFP

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Donald Trump et le Speaker de la Chambre, Paul Ryan.
Donald Trump et le Speaker de la Chambre, Paul Ryan. — Olivier Douliery/SIPA

Gros coup de poker sur Obamacare. Donald Trump a mis un terme jeudi soir aux négociations sur sa réforme de la santé, défiant les rebelles de la majorité républicaine qui menacent de torpiller la première grande loi de son mandat qui doit remplacer la réforme signée par Barack Obama en 2010.

Le message du président américain s'assimile à un ultimatum. Il a fait savoir au groupe majoritaire, réuni en urgence dans la soirée au Capitole, qu'il exigeait un vote à la Chambre des représentants vendredi pour abroger et remplacer «Obamacare», quelle qu'en soit l'issue.

«Si cela échoue, on passera à autre chose que la santé», a résumé l'élu républicain Chris Collins. «Et Obamacare restera en place». Un vote de procédure aura lieu vendredi vers 10H00 (14H00 GMT), avant un vote final vendredi après-midi.

Vote reporté

Initialement, le vote devait avoir lieu jeudi, mais les chefs républicains avaient été obligés de reporter le scrutin face aux divisions internes. A la fin d'une folle journée de réunions d'un bout à l'autre de Washington, Donald Trump a sifflé la fin de la période de marchandages.

«Nous avons promis aux Américains que nous abrogerions et remplacerions cette loi défaillante», a déclaré Paul Ryan, président de la Chambre et architecte de la réforme. «Et demain, nous voterons».

«Nous ne négocions plus, c'est fini», a martelé Chris Collins, qui votera oui. C'est le ministre du Budget Mick Mulvaney qui est venu délivrer le message aux parlementaires.

Coincé entre deux camps

L'opposition vient de la minorité démocrate, sans surprise, mais aussi de républicains modérés et d'un groupe d'ultra-conservateurs. Chacun estime que l'équilibre trouvé par les chefs républicains penche trop de l'autre côté:

  • Pour les républicains modérés, abroger Obamacare est inacceptable si cela conduit à une hausse du coût de la santé et une perte de couverture pour des millions de personnes, ce que le plan républicain provoquera, selon les experts.
  • Pour les ultra-conservateurs, la loi élaborée par les chefs républicains ne va pas assez loin dans le désengagement public d'un marché qui devrait, selon eux, être entièrement privé. Ils critiquent le fait que des dispositifs d'aides et des réglementations d'Obamacare soient conservées.

Vendredi, 192 élus démocrates et 237 républicains devraient être présents pour voter, ce qui place la barre à atteindre à 215 voix. Le suspense est donc total.