Allemagne: Martin Schulz élu à l'unanimité à la tête du parti social-démocrate

POLITIQUE L'ancien président du parlement européen espère faire chuter Angela Merkel aux législatives de septembre prochain...

20 Minutes avec AFP

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Martin Schulz a été élu à la tête du SPD à l'unanimité le dimanche 19 mars 2017.
Martin Schulz a été élu à la tête du SPD à l'unanimité le dimanche 19 mars 2017. — Michael Sohn/AP/SIPA

Une première dans l’histoire du parti social-démocrate. Et une mauvaise nouvelle pour Angela Merkel ? Le challenger de la chancelière allemande aux élections législatives de septembre, Martin Schulz, a été élu dimanche à la tête du SPD… avec le modique scode de 100 % des voix. Il a obtenu l’ensemble des 605 voix. Dépassant ainsi le record historique de 99,71 %, obtenu en 1948 par Kurt Schumacher.

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« Je veux devenir chancelier »

L’ancien président du Parlement européen, 61 ans, a déclaré, « profondément ému » : « A partir de maintenant, le combat commence pour devenir le premier parti et conquérir la chancellerie », après le vote des militants du SPD, réuni en congrès extraordinaire à Berlin. Il succède au chef de la diplomatie allemande et vice-chancelier, Sigmar Gabriel, qui présidait le SPD depuis novembre 2009 mais qui avait renoncé à mener la campagne pour les législatives du 24 septembre au profit de Martin Schulz, beaucoup plus populaire que lui. « Je veux devenir chancelier », a encore martelé Martin Schulz, répétant sa volonté de déboulonner Angela Merkel, élue depuis 2005 et qui brigue un quatrième mandat consécutif.

Un virage à gauche

Désigné en janvier candidat du SPD pour les législatives, Martin Schulz est donné au coude-à-coude avec Angela Merkel, certaines enquêtes le donnant même devant la chancelière, chose impensable il y a quelques mois, alors même que la dirigeante essuyait de multiples critiques pour sa main tendue aux réfugiés. Dimanche, il a confirmé le virage à gauche qu’il entend impulser au parti pour mieux se démarquer de la chancelière conservatrice : justice sociale, investissements dans l’éducation, égalité salariale hommes/femmes, davantage de soutien pour les chômeurs de longue durée et les salariés.

Celui qui veut amender les réformes libérales du marché du travail appliquées par l’ex-chancelier SPD Gerhard Schröder entre 2003 et 2005 - absent à ce congrès -, n’a en revanche pas donné les détails programmatiques attendus, renvoyant à un nouveau congrès du SPD de juin. Dans son ultime discours aux militants en tant que président, Sigmar Gabriel a loué la personnalité de Martin Schulz et son parcours. Soulignant : « Les gens veulent maintenant un nouveau départ ».