Pas d’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne en cas de rétablissement de la peine de mort

TURQUIE « Si la peine de mort est réintroduite en Turquie, cela entraînera la fin des négociations » du pays, a déclaré le président de la Commission européenne…

20 Minutes avec AFP

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Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne
Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne — Jean-Francois Badias/AP/SIPA

Le président de la Commission européenne a réaffirmé qu’un rétablissement de la peine de mort en Turquie, qu’Ankara a dit samedi envisager après le référendum du 16 avril, empêcherait l’entrée du pays dans l’UE.

« Si la peine de mort est réintroduite en Turquie, cela entraînera la fin des négociations » du pays, a déclaréJean-Claude Juncker dans l’édition dominicale du quotidien allemand Bild, en parlant de « ligne rouge ».

Erdogan attend l’approbation du Parlement 

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré samedi s’attendre à ce que le Parlement approuve le rétablissement de la peine capitale après le référendum sur l’extension de ses pouvoirs.

« Je crois, si Dieu le veut, que le Parlement fera le nécessaire à propos de vos exigences sur la peine capitale après le 16 avril », a dit Recep Tayyip Erdogan lors d’une réunion électorale.

C’est la première fois qu’il appelle le Parlement à approuver la restauration de la peine capitale après le vote du 16 avril.

« Plus éloignés que jamais d’une adhésion de la Turquie à l’UE »

Dans le même temps, Jean-Claude Juncker s’est d’ores et déjà dit opposé à l’arrêt des négociations sur l’entrée de la Turquie, même si elles font du surplace depuis des années.

« C’est un faux débat. Cela n’a pas de sens de vouloir calmer ses nerfs en stoppant des négociations qui n’ont pas lieu de toute façon », a-t-il dit. L’adhésion de la Turquie échouera, si tel est le cas, non du fait des Européens mais « du manque d’appétit des Turcs à appliquer les standards européens », a-t-il ajouté.

Le chef de la diplomatie allemande, le social-démocrate Sigmar Gabriel, s’est montré lui plus ferme. « Nous sommes plus éloignés que jamais d’une adhésion de la Turquie à l’UE », a-t-il dit au magazine Der Spiegel publié ce week-end, ajoutant avoir « toujours eu des doutes ». Le ministre a plaidé pour un statut de partenariat renforcé comparable à celui qui sera négocié pour la Grande-Bretagne après le Brexit.

Jean-Claude Juncker ne veut pas céder aux menaces

Par ailleurs, le président de la Commission européenne a dit ne pas croire aux récentes menaces de la Turquie de laisser à nouveau affluer les migrants vers l’Europe suite à l’interdiction de réunions électorales pro-Erdogan.

« La Turquie ne va pas dénoncer cet accord, même si M. Erdogan m’a dit à plusieurs reprises vouloir le faire », a-t-il dit à propos du pacte migratoire entre Ankara et l’UE.

La Turquie n’a aucun intérêt « à ce que les bandes de passeurs et les criminels reprennent le contrôle » de ses côtes, a argumenté Jean-Claude Juncker.