L'Afghanistan met Gordon Brown dans l'embarras

GRANDE-BRETAGNE Le Premier ministre aurait engagé des négociations avec les Talibans...

Avec agence

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Le Premier ministre britannique Gordon Brown s'est efforcé vendredi à Bruxelles de faire taire la polémique sucitée par son absence la veille à la cérémonie de signature du nouveau traité européen, mais ses déclarations sur l'Europe ont manqué d'enthousiasme.
Le Premier ministre britannique Gordon Brown s'est efforcé vendredi à Bruxelles de faire taire la polémique sucitée par son absence la veille à la cérémonie de signature du nouveau traité européen, mais ses déclarations sur l'Europe ont manqué d'enthousiasme. — Eric Lalmand AFP/BELGA

Gordon Brown dans l'embarras. Les révélations sur de supposées négociations directes avec les talibans en Afghanistan provoquaient jeudi en Grande-Bretagne une controverse sur le bien-fondé d'une telle stratégie, à laquelle le Premier ministre britannique s'était pourtant récemment dit fermement opposé.

La polémique a été déclenchée par un article mercredi du «Daily Telegraph» évoquant des contacts directs cet été entre des agents du MI6, les services du renseignement extérieur britannique, et des chefs talibans, lors de réunions tenues dans la province d'Helmand, dans le sud.

«Ne pas faire de compromis avec ceux qui tuent nos hommes»

Dans une déclaration à la chambre des Communes le 12 décembre, Gordon Brown avait pourtant écarté l'idée d'un dialogue direct avec les talibans. «Notre objectif est de vaincre les insurgés en isolant et éliminant leurs chefs. Je dis très clairement que nous n'engagerons aucun pourparler avec ces gens», avait affirmé le Premier ministre.

«S'il y a des combattants ou des chefs talibans qui souhaitent un Afghanistan en paix et démocratique, alors naturellement c'est bienvenu, mais nous ne pouvons pas aboutir à un compromis avec ceux qui tuent nos hommes», a réagi Liam Fox, le porte-parole conservateur à la Défense.

Deux diplomates européens expulsés

L'impact des révélations du «Daily Telegraph» a été amplifié par l'expulsion d'Afghanistan, jeudi, de deux diplomates, accusés de contacts avec les talibans. L'Irlandais, numéro deux de la mission de l'Union européenne, Michael Semple, et le Britannique, Mervyn Patterson, haut responsable de l'ONU en Afghanistan, ont quitté le pays à la demande des autorités de Kaboul pour avoir «outrepassé leur mandat et nui à la sécurité nationale de l'Afghanistan», selon les autorités afghanes.

Près de 8.000 soldats britanniques sont actuellement déployés dans le sud de l'Afghanistan.