Syrie: Washington reconnaît la frappe qui a touché une mosquée

BAVURE Dans l'édifice religieux, 42 personnes ont perdu la vie...

20 Minutes avec AFP

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Les troupes américaines dans la région d'Alep en Syrie.
Les troupes américaines dans la région d'Alep en Syrie. — Uncredited/AP/SIPA

Les militaires américains ont reconnu hier avoir effectué une frappe dans le nord de la Syrie, mais nié avoir délibérément visé la mosquée où au moins 42 personnes ont péri.

La Syrie n’en finit plus de compter ses morts. Une frappe mal calibrée de l’armée américaine a fait 42 morts dans une mosquée d’Al-Jineh, dans la région d’Alep. Aux Etats-Unis, les militaires expliquent avoir voulu viser un rassemblement d’Al-Qaïda. « Nous n’avons pas visé une mosquée, mais le bâtiment que nous avons ciblé, là où avait lieu le rassemblement, se trouve à environ 15 mètres d’une mosquée qui est toujours debout », a plaidé jeudi soir le colonel John J. Thomas, porte-parole du Centcom, le commandement des forces américaines au Moyen-Orient.

Dans un communiqué préalable, le Centcom avait annoncé que « les forces américaines (avaient) effectué une frappe aérienne sur un rassemblement d’Al-Qaïda en Syrie, le 16 mars, dans la province d’Idlib, tuant plusieurs terroristes ». Plus tard dans la journée de jeudi le porte-parole du Centcom avait cependant reconnu que la location précise de cette frappe n’était pas claire, mais qu’il s’agissait bien de la même que celle qui avait touché la mosquée du village d’Al-Jineh, dans la province voisine d’Alep.

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Des corps encore sous les décombres

« Nous allons enquêter sur les allégations selon lesquelles cette frappe aurait fait des victimes civiles », a ensuite déclaré le colonel Thomas, interrogé sur le chiffre de 42 victimes, civiles pour la plupart, avancé par l’OSDH, l'Observatoire syrien des droits de l’Homme.

Sur place, dans ce village d’al-Jineh, les secours tentaient encore vendredi matin d’extraire des personnes coincées sous les décombres de la mosquée, selon l’ONG. Et plusieurs personnes étaient encore portées disparues. « Nous avons entendu des explosions quand la mosquée a été frappée. C’était juste après la prière, à un moment où en général il y a des cours de religion pour les hommes », a témoigné Abu Muhammed, un habitant : « Quand je suis arrivé, j’ai vu 15 cadavres, et beaucoup de morceaux de corps, parmi les débris. Certains corps n’étaient même pas reconnaissables ».

Selon Rami Abdel Rahmane, directeur de l’OSDH, une centaine de personnes ont également été blessées dans ces raids aériens sur ce village sous contrôle des groupes rebelles. Des images diffusées par des militants antirégime et présentées comme celles du drame, montrent le bâtiment entièrement détruit et non plus debout comme avancé par le Centcom. Mercredi, la Syrie est entrée dans sa septième année de guerre. Un cessez-le-feu parrainé par la Russie, alliée du régime syrien, et la Turquie, soutien des rebelles, est certes entré en vigueur en décembre 2016, mais les violences ont continué dans le pays.