VIDEO. Immigration: Bis repetita, le décret remanié de Donald Trump bloqué par des juges

ETATS-UNIS Cette fois, c'est un magistrat d’Hawaï qui inflige un camouflet au président américain...

P.B.

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Donald Trump lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche, le 16 février 2017.
Donald Trump lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche, le 16 février 2017. — P.MARTINEZ/AP/SIPA

Same player, shoots again. Mercredi, deux juges fédéraux américains ont bloqué le décret remanié de Donald Trump sur l’immigration, pour l'ensemble des Etats-Unis, quelques heures avant l’entrée en vigueur du texte qui voulait interdire l’entrée aux ressortissants de six pays majoritairement musulmans pour 90 jours. Il s’agit d’un nouveau camouflet pour le président américain, après quatre revers successifs pour la première version de son décret emblématique.

Selon le juge de Hawaï Derrick Watson, qui a frappé en premier, la suspension du décret évite un « préjudice irréparable ». Le blocage est temporaire, le temps qu’une décision soit prise sur le fond. Et le magistrat indique que les plaignants, représentés par l’Etat d’Hawaï, ont « de fortes chances » de réussir à faire annuler le texte, discriminatoire, selon eux, contre les musulmans.

Les déclarations de Trump utilisées contre lui

Ce juge de Hawaï a ensuite été imité par un juge fédéral de Seattle, dans l'Etat de Washington (Nord-Ouest), qui a accepté une demande des Etats de Washington et de l'Oregon et a pris une motion suspendant le décret pour 14 jours, là encore en raison des «préjudices irréparables» qu'il causerait.

En meeting à Nashville, mercredi, Donald Trump a critiqué la décision «erronée» d'une justice qui, selon lui, commet ainsi «un abus de pouvoir sans précédent». « Cela nous fait paraître faibles », a lancé le président. Selon lui, ce second décret est « une version allégée du premier ». C’est exactement ce genre de déclarations que le juge hawaïen a utilisé pour retoquer le texte en soulignant que les mots avaient changé mais pas le but.

Un troisième juge fédéral se penchait aussi mercredi sur ce décret migratoire, à Greenbelt, dans le Maryland (Est), à la demande d'une coalition d'organisations de défense des libertés et des réfugiés, dont la puissante American Civil Liberties Union (ACLU). Selon cette coalition, ce nouveau décret viserait toujours les musulmans de façon discriminatoire.