Etats-Unis: 134 experts écrivent à Donald Trump pour s'opposer au nouveau décret migratoire

AMERIQUE Selon les signataires de la lettre, le texte, qui doit être appliqué dès le 16 mars fragiliserait la sécurité nationale et les intérêts du pays…

20 Minutes avec AFP
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Donald Trump, le 14 février 2017.
Donald Trump, le 14 février 2017. — SAUL LOEB / AFP

Le décret polémique, qui vient d’essuyer un premier revers judiciaire, est dans le collimateur de plus de 130 anciens responsables et experts américains en politique étrangère. Dans une lettre adressée à Donald Trump, ces derniers estiment que le texte interdisant l’entrée du territoire américain à tous les réfugiés durant 120 jours et suspendant l’octroi de visas durant 90 jours aux ressortissants de six pays majoritairement musulmans (Iran, Libye, Syrie, Somalie, Soudan, Yémen), fragilise la sécurité nationale et les intérêts des Etats-Unis.

« Il enverra aux musulmans, y compris à ceux qui sont victimes ou qui combattent le Daesh, un message renforçant la campagne de propagande (…) affirmant faussement que les Etats-Unis sont en guerre contre l’islam », affirment les 134 signataires. Et de poursuivre : « Au contraire, accueillir les réfugiés et voyageurs musulmans met au jour les mensonges des terroristes et contrecarre leur vision faussée », poursuit cette lettre datée de vendredi.

« Assumer un rôle dirigeant mondial »

Le décret « affaiblit la capacité de ce pays à assumer un rôle dirigeant mondial et met en péril nos intérêts de sécurité nationale en ne soutenant pas la stabilité de nos alliés qui se débattent pour accueillir un grand nombre de réfugiés », poursuit la missive qui a aussi été envoyée à plusieurs ministres dont le secrétaire d’Etat Rex Tillerson, le secrétaire à la Défense James Mattis, le ministre de la Justice Jeff Sessions ou le secrétaire à la Sécurité intérieure John Kelly.

Adopté le 6 mars pour une application dès le 16 mars, le nouveau décret est une forme atténuée de la version du 27 janvier qui avait provoqué une onde de choc dans le monde et avait été suspendue le 3 février par un juge fédéral de Seattle.