La Hongrie adopte la détention systématique des migrants

REFUGIES L'ONU a condamnée cette décision...

20 Minutes avec AFP

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Un manifestant tient un drapeau national hongrois lors de la manifestation devant le Parlement hongrois, le jour du référendum de quotas de migrants hongrois.
Le dimanche 2 Octobre 2016, à Budapest, Hongrie.
Un manifestant tient un drapeau national hongrois lors de la manifestation devant le Parlement hongrois, le jour du référendum de quotas de migrants hongrois. Le dimanche 2 Octobre 2016, à Budapest, Hongrie. — SIPANY/SIPA

La mesure avait été supprimée en 2013 sous la pression de l’UE et du Haut-commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR). Pourtant, ce mardi, le Parlement hongrois adopté à une large majorité la réintroduction de la mise en détention systématique de tous les migrants entrés dans le pays.

La nouvelle loi, adoptée par 138 voix contre 6 et 22 abstentions, prévoit que les migrants seront placés dans des « zones de transit » aux frontières serbe et croate, où ils seront détenus dans l’attente d’une décision définitive concernant leur demande d’asile.

Logés dans des conteneurs aménagés

Cette mesure s’appliquera tant aux nouveaux venus qu’aux demandeurs d’asile déjà hébergés dans le pays, au nombre de 586 en février.

Il y a un mois, le directeur de cabinet du Premier ministre Viktor Orban, Janos Lazar, avait précisé que les migrants seraient logés dans des conteneurs aménagés.

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Lors d’un point de presse, une porte-parole du Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) a déclaré que son agence était « profondément inquiète » au sujet de cette nouvelle loi qui prévoit « la détention automatique de tous les demandeurs d’asile, parmi lesquels de nombreux enfants ».

Non respect des loins internationales

« Cette loi viole les obligations de la Hongrie vis-à-vis des lois internationales et de l’Union Européenne et va avoir un impact physique et psychologique terrible sur des femmes, des enfants et des hommes qui ont déjà beaucoup souffert », a souligné la porte-parole du HCR, Cécile Pouilly, ajoutant que « les enfants ne doivent jamais être détenus sous aucune condition ». 

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« Selon les lois internationales et de l’UE, la détention de réfugiés et de demandeurs d’asile peut être justifiée seulement par un nombre limité de raisons et uniquement quand c’est nécessaire, raisonnable et proportionné », a-t-elle rappelé.

« Des alternatives à la détention doivent toujours être d’abord prises en considération, au risque sinon de rendre la détention arbitraire », selon elle.

Près de 30.000 demandes d'asile déposées en 2016

La Hongrie avait renoncé en 2013 à la détention systématique des migrants sous la pression notamment de l’UE, du HCR et de la Cour européenne des droits de l’Homme.

Viktor Orban, un dirigeant souverainiste coutumier des provocations envers ses partenaires européens, avait reconnu en janvier que la réintroduction d’une telle mesure, contraire au droit européen, irait « ouvertement contre l’UE ».

En 2016, 29.432 migrants avaient déposé une demande d’asile en Hongrie, avant dans leur très grande majorité de poursuivre leur route vers l’ouest de l’Europe. Seuls 425 ont obtenu l’asile en Hongrie.

La Hongrie, qui a entrepris de construire un deuxième rideau barbelé à la clôture anti-migrants qu’elle a érigée en 2015 à sa frontière serbe, a vu 345 migrants arriver depuis le 1er janvier 2017, selon le ministère de l’Intérieur.