Immigration: Les cinq différences entre les deux décrets de Donald Trump

ETATS-UNIS Après une série de camouflets judiciaires, le président a signé un nouveau texte à la portée plus restreinte...

Philippe Berry

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Le président américain Donald Trump à bord d'Air Force One, le 26 janvier 2017.
Le président américain Donald Trump à bord d'Air Force One, le 26 janvier 2017. — Pablo Martinez Monsivais/AP/SIPA

Il revoit sa copie. Alors que son premier décret migratoire a été retoqué par des juges, Donald Trump a signé une version révisée, lundi matin. D’une portée plus restreinte, il prendra effet le 16 mars et ne concerne cette fois que six pays, toujours pour 90 jours. Surtout, les ressortissants qui disposaient déjà d’un visa américain légal ou d’une carte verte ne sont pas concernés. Mais selon l’organisation ACLU, le texte reste anti-musulmans, et la justice devrait sans doute à nouveau être appelée à jouer les arbitres.

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Six pays concernés, l’Irak retirée de la liste

John McCain a été entendu. L’Irak a été retirée de la liste car le pays joue un rôle crucial dans la lutte contre Daesh, et les autorités ont accepté de fournir des informations supplémentaires sur ses citoyens demandant des visas. Les six pays dont l’immigration est bloquée pour 90 jours sont ceux identifiés par le département d’Etat comme soutenant le terrorisme (Iran, Syrie, Soudan) et trois autres étiquetés « à risque » par l’administration Obama (Libye, Somalie, Yémen).

Visas et cartes vertes exemptés

C’était le point le plus contesté de la première version, avec des ressortissants légaux qui s’étaient retrouvés bloqués à la frontière. Cette fois, les titulaires d’un visa ou d’une carte verte peuvent voyager normalement.

Les doubles-citoyennetés non concernées

Les ressortissants des six pays concernés bénéficiant d’une double nationalité seront également autorisés sur le territoire américain. Une personne franco-iranienne devra cependant voyager avec son passeport français.

Les réfugiés syriens bloqués pour 120 jours, comme les autres

Le programme d’accueil des réfugiés reste bloqué pour 120 jours, mais cette fois, tous les pays sont traités de la même façon – le premier texte bloquait ceux venus de Syrie indéfiniment. Surtout, tous les réfugiés dont le voyage était déjà programmé auront le droit de se rendre aux Etats-Unis, notamment ceux qui devaient bénéficier d’une procédure médicale.

Pas de mention de religion

Le nouveau décret ne donne plus la priorité aux réfugiés « issus d’une minorité religieuse et persécutés », ce qui, dans les faits, privilégiait les Chrétiens. Sans aller jusqu’à se prononcer sur le caractère discriminatoire du premier décret contre l’Islam, les trois juges de San Francisco avaient émis des réserves, citant notamment les déclarations du candidat Trump : pendant la campagne, il avait proposé « l’arrêt total et complet de l’entrée des musulmans aux Etats-Unis jusqu’à ce que les élus de notre pays comprennent ce qui se passe ». Le mois dernier, la Maison Blanche avait cependant contesté l’étiquette « #MuslimBan » adoptée par tous les opposants au texte.