VIDEO. Accusations d'espionnage de Trump: Une enquête parlementaire ouverte malgré le scepticisme

JUSTICE Le Congrés accepte d'enquêter sur les éventuelles écoutes de Donald Trump par l'ancien Président Barack Obama...

N. Se. avec AFP

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Donald Trump et Barack Obama lors de l'inauguration présidentielle, le 20 janvier 2017 à Washington.
Donald Trump et Barack Obama lors de l'inauguration présidentielle, le 20 janvier 2017 à Washington. — Andrew Harnik/AP/SIPA

Donald Trump n’en démord pas, Barack Obama aurait espionné ses conversations téléphoniques avant l’élection du 8 novembre. Pour prouver ses dires, l’actuel Président des Etats-Unis a demandé dimanche, au Congrès, d’enquêter.

Quelques heures plus tard, le républicain Devin Nunes a assuré que la commission du renseignement qu’il préside à la Chambre des représentants chercherait « à savoir si le gouvernement avait mené des activités de surveillance sur des responsables ou des représentants de l’équipe de campagne d’un parti politique ».

Donald Trump avait lancé ces accusations graves la veille, via un tweet matinal. « Comment le président Obama a-t-il pu tomber assez bas pour mettre mes téléphones sur écoute pendant la période sacrée des élections. C’est Nixon/Watergate »

Des accusations catégoriquement démenties par le porte-parole de l’ancien président, et qui continuent de susciter beaucoup de scepticisme dans la classe politique américaine.

Pas l’ombre d’une preuve

Dans un geste hautement inhabituel, le directeur de la police fédérale, le FBI, a demandé au ministère de la Justice de démentir publiquement ces accusations « soutenues par aucune preuve », selon des informations du New York Times qui cite des responsables américains. Le ministère n’a pas accédé à la requête de James Comey, un responsable pourtant réputé pour son indépendance. Une décision qui réjouit les supporters de Trump, exigeant désormais le renvoi de james Corney.

Un peu plus tôt, c’est James Clapper, chef du renseignement américain (DNI) sous Barack Obama, qui avait affirmé qu'« aucune opération d’écoute n’avait été mise en œuvre » par les organismes sous sa responsabilité (dix-sept agences et entités de renseignement) contre Donald Trump.
Les allégations de Donald Trump s’appuieraient uniquement, selon les médias, sur un reportage du site d’information d’extrême droite Breitbart, dont l’ex-patron est Steve Bannon, conseiller en stratégie du Président.

Une stratégie de diversion

En demandant au Congrès, le Parlement américain, d’élargir ses enquêtes, Donald Trump a lui-même fait le lien avec les affaires russes dans lesquelles il est englué depuis le début de son mandat.

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Au moins trois commissions du Sénat et de la Chambre des représentants ont lancé des investigations sur de possibles ingérences de la Russie pendant la campagne électorale. L’administration Obama avait accusé les Russes d’être à l’origine du piratage des emails de proches d’Hillary Clinton et avait pris des sanctions contre Moscou fin décembre.Plusieurs membres de l’équipe de Donald Trump ont également dû démissionner après avoir eu des contacts suspects avec la Russie.

Pour l’opposition démocrate, les accusations de Donald Trump contre Barack Obama n’ont qu’un but : détourner l’attention de ces dossiers russes qui accaparent une grande partie du débat politique depuis sa prise de fonctions.