Assassinat de Kim: L'ambassadeur de Pyongyang a 48 heures pour quitter la Malaisie

JUSTICE Nouvelle escalade dans la brouille qui oppose la Corée du Nord et la Malaisie…

N. Se. avec AFP

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Kang Chol, l'ambassadeur nord-coréen en Malaisie, s'exprimait le 20 février 2017 devant l'ambassade de Kuala Lampur
Kang Chol, l'ambassadeur nord-coréen en Malaisie, s'exprimait le 20 février 2017 devant l'ambassade de Kuala Lampur — Vincent Thian/AP/SIPA

Depuis l’empoisonnement digne d’un roman d’espionnage à Kuala Lumpur de Kim Jung-Nam, le demi-frère du dirigeant nord-coréen, les relations bilatérales entre la Malaisie et la Corée du Nord se sont considérablement détériorées.
Pyong-yang, qui n’a pas reconnu l’identité du défunt, a remis en cause dès le départ l’impartialité de l’enquête et accusé Kuala Lumpur de collusion avec ses ennemis.

Après avoir exigé en vain des excuses pour ses critiques sur l’enquête, samedi soir le ministre malaisien des Affaires étrangères Anifah Haji Aman a annoncé que l’ambassadeur Kang Chol « a été déclaré persona non grata ». L’ambassadeur nord-coréen, qui ne s’est pas rendu à une convocation du ministère, « doit quitter la Malaisie sous quarante-huit heures ». Les journalistes étaient rassemblés en masse dimanche devant l’ambassade de Corée du Nord, d’où l’ambassadeur nord-coréen devait sortir avant lundi 18h.

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Dès le début de cette affaire, la Corée du Sud a pointé un doigt accusateur sur son voisin du Nord, parlant d’un « ordre permanent » de Kim Jong-Un pour éliminer son demi-frère, qui vivait en exil depuis des années et s’était montré critique envers le régime.
Mais Kuala Lumpur avait été contraint vendredi de libérer faute de preuves le seul suspect nord-coréen détenu dans cette affaire.

L’ambassadeur accusait Kuala Lumpur de conspirer avec « des forces hostiles »

La brouille diplomatique entre deux pays qui entretenaient jusqu’alors des relations relativement chaleureuses ne cesse donc de s’aggraver. Pyongyang, isolé sur la scène internationale du fait de son programme nucléaire, risque de l’être encore davantage.
L’expulsion de l’ambassadeur entre dans le cadre « du processus mené par le gouvernement malaisien pour revoir ses relations » avec le Nord, a prévenu le ministère des Affaires étrangères.

Les autorités malaisiennes avaient déjà convoqué le mois dernier l’ambassadeur nord-coréen, qui accusait Kuala Lumpur de conspirer avec « des forces hostiles ». Le Premier ministre malaisien Najib Razak avait alors parlé de déclarations « impolies ».
Kuala Lumpur a aussi annoncé l’annulation, à compter du 6 mars, d’un accord conclu avec Pyongyang permettant à leurs ressortissants respectifs de se rendre chez l’autre sans visa.