Assassinat de Kim Jong-nam: La Malaisie libère à contrecœur un Nord-Coréen

ENQUETE Les charges à l’encontre de Ri Jong-Chol, 47 ans, ne justifient pas une inculpation, a expliqué le procureur général de Malaisie...

20 Minutes avec AFP

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Kim Jong-Nam, en 2001 à Tokyo, et Kim Jong-Un, à Pyongyang le 9 mai 2016.
Kim Jong-Nam, en 2001 à Tokyo, et Kim Jong-Un, à Pyongyang le 9 mai 2016. — Shizuo Kambayashi, Wong /AP/SIPA

Un mandat d’arrêt a été émis ce vendredi par la Malaisie contre un employé d’une compagnie aérienne nord-coréenne en lien avec l'assassinat de Kim Jong-Nam, après avoir libéré à contre-coeur le seul suspect nord-coréen. Ce dernier est l’un des huit Nord-Coréens soupçonné d’être impliqués dans l’empoisonnement le 13 février à l’aéroport de Kuala Lumpur du demi-frère en disgrâce de Kim Jong-Un, qui a succombé à un puissant agent neurotoxique.

« Des activités illicites au détriment de [la] sécurité »

Les charges à l’encontre de Ri Jong-Chol, 47 ans, ne justifient pas une inculpation, avait expliqué jeudi le procureur général de Malaisie, Mohamed Apandi Ali.

L’homme sera expulsé vendredi soir, « escorté par deux officiels nord-coréens jusqu’à Pékin, et de Pékin à Pyongyang », a ajouté le vice-Premier ministre malaisien, Zahid Hamidi, à des journalistes.

« L’enquête de police a établi que son travail ne correspondait pas aux documents en sa possession, mais qu’il se livrait à des activités illicites au détriment de notre sécurité », a précisé Zahid.

Une décision regretée par la police locale

La police malaisienne a regretté la libération du suspect. « Nous pensons que Ri Jong-Chol a joué un rôle » dans l’assassinat « mais malheureusement, nous manquons d’éléments de preuves pour l’inculper », a déclaré par sms à l’AFP le chef de la police, Khalid Abu Bakar.

« Nous sommes frustrés », a-t-il ajouté depuis l’Arabie saoudite où il se trouve en pèlerinage, démentant que la décision ait été prise après des pressions politiques ou diplomatiques.

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La police veut entendre sept autres Nord-Coréens. Elle a émis vendredi un mandat d’arrêt contre l’un d’eux, Kim Uk Il, 37 ans, employé d’une compagnie aérienne nord-coréenne.

Les enquêteurs ont aussi demandé au deuxième secrétaire de l’ambassade de Corée de Nord à Kuala Lumpur - qui bénéficie de l’immunité diplomatique - d’apporter son concours aux investigations sur cette attaque spectaculaire, digne d’un roman d’espionnage. Quatre des suspects ont fui la Malaisie le jour de l’assassinat.

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