VIDEO. Enquête sur la Russie: Le ministre américain de la Justice se récuse, Trump dénonce une «chasse aux sorcières»

ETATS-UNIS Jeff Sessions est pris dans la tourmente pour avoir oublié de dévoiler deux rencontres avec l'ambassadeur lors de son audition devant le Sénat...

Philippe Berry

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Le sénateur de l'Alabama Jeff Sessions, lors de son audition au Congrès pour le poste de ministre de la Justice, le 10 janvier 2017.
Le sénateur de l'Alabama Jeff Sessions, lors de son audition au Congrès pour le poste de ministre de la Justice, le 10 janvier 2017. — Ron Sachs/NEWSCOM/SIPA

Previously on The Americans. Le répit de Donald Trump après son discours bien accueilli devant le Congrès aura duré poins de 24 heures. Depuis mercredi soir, le feuilleton russe repart de plus belle, alors que son ministre de la Justice (attorney general) Jeff Session a reconnu qu’il avait rencontré l’ambassadeur russe à deux reprises sans l’avoir dévoilé lors de son audition au Sénat, un scénario qui avait coûté son poste au conseiller Michael Flynn.

Alors que le président dénonce une « chasse aux socières » contre son ministre, ce dernier a annoncé jeudi qu'il se récusait de toute enquête, actuelle ou future, sur les liens entre la campagne de Donald Trump et la Russie.

Que s’est-il passé ?

Jeff Session a rencontré deux fois l’ambassadeur russe Sergueï Kisliak pendant la campagne, en juillet et en septembre, dont une fois en tête à tête. Lors de sa confirmation devant le Sénat, interrogé sur les contacts entre l’équipe de Trump et la Russie, il n’a pas divulgué ces deux rencontres. « Je n’ai pas eu de communications avec les Russes », a répondu Sessions.

Sessions se récuse de toute enquête sur la Russie

En bon ancien avocat, il joue sur les mots. Selon lui, la question était sur des contacts de l’équipe de Donald Trump et la Russie, mais il jure avoir rencontré l’ambassadeur russe dans le cadre de son rôle de sénateur – il siège à un comité sur la Défense – et pas celui de conseiller du candidat. Mais jeudi, il a annoncé qu'il se récusait de toute enquête sur Donald Trump. Selon lui, sa décison est liée au fait qu'il faisait partie de la campagne, comme conseiller, et il veut éviter que son impartialité soit remise en cause.

Que disent les démocrates et les républicains ?

Les leaders démocrates Nancy Pelosi et Chuck Schumer ont tous les deux demandé la démission de Sessions, l’accusant de parjure. Trois sénateurs républicains, eux, avaient invité le ministre à se récuser. Ce dernier, en tant que ministre de la Justice supervise en effet le FBI, chargé d’enquêter sur d’éventuels contacts entre l’équipe de Trump et Moscou.

Que dit la Maison Blanche ?

Selon CNN, la Maison Blanche a été mise au courant des deux rencontres de Jeff Sessions avec l’ambassadeur… par la presse, mercredi soir. Jeudi, Donald Trump a affirmé qu’il avait une « confiance totale » dans son ministre.

L’ambassadeur russe, un espion ?

Sessions affirme que de telles rencontres sont « routinières ». Mais la sénatrice démocrate Claire McCaskill l’a contredit. « Je siège au comité » sur la Défense « depuis 10 ans. Aucun appel ou rencontre avec l’ambassadeur. Il appelle le comité sur les relations internationales ».

Le Washington Post a contacté les 26 sénateurs de la commission. Seul Jeff Sessions a rencontré l'ambassadeur russe en 2016. Le cœur de l’affaire, c’est que selon des sources de CNN, Sergueï Kisliak est considéré par le renseignement américain comme étant un espion en chef de Moscou, notamment chargé de recruter des agents aux Etats-Unis. Le feuilleton n'est clairement pas terminé.