«Trump n'est pas le bienvenu au Royaume-Uni!», les Londoniens manifestent contre la visite officielle du président américain

REPORTAGE « 20 Minutes » était à la manifestation des Londoniens opposés à la future visite d’Etat de Donald TRump au Royaume-Uni…

Laure Cometti

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Manifestation contre la visite officielle de Donald Trump au Royaume-Uni à Londres, le 20 février 2017.
Manifestation contre la visite officielle de Donald Trump au Royaume-Uni à Londres, le 20 février 2017. — L. Cometti / 20 Minutes

De notre envoyée spéciale à Londres (Royaume-Uni),

« Trump n’est pas le bienvenu chez nous ! » Plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés ce lundi soir devant le Parlement à Londres en signe d’opposition au président des Etats-Unis, alors que les députés se penchent sur deux pétitions contradictoires concernant une visite officielle de Donald Trump au Royaume-Uni en 2017.

Le premier texte, signé par 1,8 million de personnes, s’oppose à une « visite officielle » du président américain « qui mettrait la Reine dans l’embarras ». Le second, ratifié par 312.000 internautes, y est favorable au nom de la liberté d’expression.

Coalition de divers groupes militants

Répondant à l’appel de Stop Trump Coalition, des Britanniques ont manifesté  dans tout le Royaume au cours de la journée. A Londres, des militants de groupes divers, des étudiants et des habitants ont répondu présents et se sont rassemblés au sortir du travail. Féministes, antinucléaires, LGBT, écolos, antiracistes, socialistes, anti-austérité… La diversité des pancartes brandies par les manifestants illustre la convergence de divers groupes qui se sont trouvé un ennemi commun.

Manifestation contre la visite officielle de Donald Trump au Royaume-Uni à Londres, le 20 février 2017.
Manifestation contre la visite officielle de Donald Trump au Royaume-Uni à Londres, le 20 février 2017. - L. Cometti / 20 Minutes

« Trump peut venir mais je refuse qu’on lui déroule le tapis rouge ! »

« Trump peut venir s’il veut, mais je refuse qu’on lui déroule le tapis rouge. On ne peut pas lui réserver un joli séjour, avec une tasse de thé chez la Reine, ce serait horrible, après tous ses propos racistes, islamophobes et misogynes », s’exclame Sarah Horton, qui travaille dans l’accueil de réfugiés. « J’aimerais que notre gouvernement défende plus fermement ces valeurs, qu’il fasse preuve de courage », poursuit-elle, promettant que si Donald Trump vient dans le royaume, elle « le suivra partout où il ira ! »

Sarah Horton
Sarah Horton - L. Cometti / 20 Minutes

« Nous sommes là car nous voulons montrer que cette visite de Donald Trump ne nous représente pas », affirme Josh, 20 ans, venu avec des amis étudiants pour qui « il y a un divorce net entre le peuple et les dirigeants ». « Le gouvernement veut se faire bien voir de Trump, en oubliant les droits de l’homme. Nous n’allons pas accepter cela en silence », justifie le jeune homme qui craint que réserver à Trump les honneurs d’une visite officielle ne « banalise » ses prises de position « raciste et misogyne ». « Il faut être réaliste : il peut venir, nous pouvons dialoguer. Mais il ne fallait pas l’inviter aussi tôt et il ne faudra pas le traiter comme les autres dirigeants, car il n’est pas n’importe quel chef d’Etat ».

Josh (à droite) et ses amis étudiants à la manifestation contre la visite officielle de Donald Trump au Royaume-Uni à Londres, le 20 février 2017.
Josh (à droite) et ses amis étudiants à la manifestation contre la visite officielle de Donald Trump au Royaume-Uni à Londres, le 20 février 2017. - L. Cometti / 20 Minutes

Selon la BBC, Donald Trump a été invité pour une visite d’Etat sept jours après son investiture, alors que Barack Obama avait reçu la même invitation 758 jours après sa prise de fonctions. Plusieurs pancartes dénoncent une éventuelle collusion entre Theresa May et le nouveau président américain, alors que la conservatrice a été le premier dirigeant étranger à être reçu à Washington par Donald Trump.

« Ses valeurs ne sont pas les bienvenues ici »

« Lesbians and Gays Support the Migrants » (« Les lesbiennes et gays soutiennent les migrants »). La pancarte créée par Poppy-Moon évoque l’organisation Lesbians and Gays Support the Minors, née lors de la grève des mineurs de 1984-1985 sous Margaret Thatcher. « Il faut que les minorités soient solidaires et se serrent les coudes », sourit l’étudiante. « Les valeurs de Donald Trump ne sont pas les bienvenues ici », dit la jeune femme en secouant la tête.

Un peu plus loin, un groupe de femmes coiffées du bonnet rose devenu le symbole de l’opposition des féministes à Donald Trump. « Nous espérons que le gouvernement reconnaisse d’une manière ou d’une autre que les propos de Trump sont scandaleux », expliquent-elles. « Cela fait du bien de voir que les gens se sentent concernés », lâche l’une d’elles en regardant Parliament square devenir noir de monde à mesure que la nuit tombe.

La manifestation doit se poursuivre ce lundi soir avec de nombreux orateurs se succédant sur l’estrade dressée devant Westminster. Les députés ont quant à eux débattu de ces deux pétitions, sans vote (procédure normale dès qu’une pétition dépasse les 100.000 signatures sur le site du parlement britannique) et sans parvenir à un consensus. Des élus travaillistes et du SNP, le parti national écossais, ont dénoncé le comportement de Theresa May, « prête à tout pour obtenir un accord commercial » selon le député travailliste David Lammy.

« La visite doit avoir lieu, elle va avoir lieu et quand elle aura lieu, je crois que le Royaume-Uni offrira un accueil poli et généreux au président Donald Trump », a répondu ce lundi aux députés le secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères Alan Duncan.