Irak: Lancement d'une opération pour reprendre l'ouest de Mossoul à Daesh

IRAK Les forces irakiennes ont annoncé avoir repris deux localités proches de cette ville aux mains des djihadistes depuis 2014...

M.C. avec AFP
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Des combattants irakiens près de Mossoul, le 18 février 2017.
Des combattants irakiens près de Mossoul, le 18 février 2017. — AHMAD AL-RUBAYE / AFP

« Nos forces entament la libération des citoyens de la terreur de Daesh », a lancé dimanche Haider al-Abadi. Le Premier ministre irakien a annoncé le lancement d’une opération des forces irakiennes pour reprendre au groupe Etat islamique la partie ouest de Mossoul, la deuxième ville d’Irak, que les djihadistes occupent depuis 2014.

Dans la foulée, un commandant a annoncé que les forces irakiennes avaient repris deux localités situées au sud de la ville, les dernières avant l'aéroport de Mossoul, toujours contrôlé par Daesh.

La situation à Mossoul le 6 février dernier.
La situation à Mossoul le 6 février dernier. - Simon MALFATTO, Sophie RAMIS, Sabrina BLANCHARD, Thomas SAINT-CRICQ / AFP

 

Les forces fédérales irakiennes ont lancé le 17 octobre dernier une vaste offensive pour reprendre Mossoul, dernier bastion des djihadistes de Daesh en Irak. Après des semaines de durs combats, elles ont pris en janvier le contrôle de la partie est de la ville. « Nous annonçons une nouvelle phase de l’opération. Ninive, nous venons libérer la partie ouest de Mossoul », a proclamé Haider al-Abadi dans une brève déclaration télévisée, parlant de la province de Ninive dont Mossoul est la capitale.

Cette bataille risque d’être l’une des plus féroces depuis le début de l’offensive

La partie occidentale de Mossoul, ville dont Daesh s’est emparé en juin 2014, est plus petite que sa partie orientale, mais elle est plus densément peuplée et c’est là que se trouvent certains des points d’appui des djihadistes.

On s’attend à ce que les troupes de la police fédérale et du ministère de l’Intérieur commencent la nouvelle phase de l’offensive en faisant mouvement sur l’aéroport de Mossoul, situé à la périphérie sud de la ville, à l’ouest du Tigre, le fleuve qui traverse Mossoul. Cette bataille risque d’être l’une des plus féroces depuis le début de l’offensive pour reprendre la ville il y a quatre mois.

Assiégé dans son dernier grand bastion en Irak, Daesh oppose depuis le 17 octobre une farouche résistance pour défendre Mossoul d’où son leader Abou Bakr al-Bagdadi avait proclamé un « califat » en juin 2014. Après avoir ratissé et sécurisé les environs de Mossoul, il a fallu plus de deux mois aux forces d’élite irakiennes - les unités du service du contre-terrorisme - pour reprendre, fin janvier, le contrôle de la rive est de Mossoul.

« Des combats maison par maison, plus sanglants et à plus grande échelle »

Dans la partie ouest, l’entrelacs de ruelles de la vieille ville rendra très difficile le passage des véhicules militaires, ralentissant l’avancée des forces fédérales, avertissent des analystes. La bataille pour l’ouest de Mossoul « risque d’être plus difficile, avec des combats maison par maison, plus sanglants et à plus grande échelle », met en garde Patrick Skinner, du Soufan Group Intelligence Consultancy.

Les djihadistes pourraient par ailleurs jouir d’un plus grand soutien de la part des habitants de la rive ouest, majoritairement sunnites, que de ceux du côté est, prédisent des analystes. « La résistance de l’EI pourrait s’avérer plus importance dans cette zone et il sera plus difficile, mais de la plus grande importance, de nettoyer entièrement Mossoul des réseaux (djihadistes) après sa reprise », indique Emily Anagnostos, de l’Institute for the Study of War.