Syrie: «La torture ne fait pas partie de notre politique», assure Bachar al-Assad

CRIMES CONTRE L'HUMANITE Le président syrien a accordé une interview à des journalistes français dans laquelle il juge « honteux » le récent rapport d’Amnesty International…

H. B.

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Le président syrien Bachar al-Assad lors d'une interview avec l'Agence France Presse à Damas, le 11 février 2016.
Le président syrien Bachar al-Assad lors d'une interview avec l'Agence France Presse à Damas, le 11 février 2016. — JOSEPH EID / AFP

« Totalement faux », « honteux »… Bachar al-Assad a vivement dénoncé le récent rapport d’Amnesty International faisant état de « crimes contre l’humanité » dans une prison syrienne. Dans un document publié le 7 février dernier, l’ONG affirmait que 13.000 personnes avaient été pendues en cinq ans dans la prison de Saydnaya près de Damas.

«Amnesty International, c’est une organisation mondialement connue, il est honteux qu’elle se mette à bâtir un rapport sur la base de simples allégations », a déclaré le président syrien, dans une interview accordée à Europe 1 et TF1.

« Pas une seule preuve »

« Si vous venez devant un tribunal dans votre pays, et vous en avez des tribunaux, vous avez un système judiciaire, est-ce que ce tribunal prendrait une quelconque décision sur la base d’allégations, ou est ce qu’il exigerait des preuves ? Ce rapport est bâti sur des allégations ! Pas un seul document, pas une seule preuve », a ajouté le président syrien aux journalistes d’Europe 1 et TF1.

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L’ONG avait indiqué que son rapport était basé sur des entretiens avec 84 témoins, au nombre desquels des gardiens, des détenus et des juges.

Pour le chef de l’Etat syrien, ces accusations, « sans fondement », ne tiennent pas la route. « La question est : pourquoi torturer ? […] Pour obtenir des informations ? Nous avons toutes les informations qu’il nous faut. Donc nous ne recourons pas à la torture. Ça ne fait pas partie de notre politique », a assuré Bachar al-Assad.