Le CETA poursuit son laborieux parcours devant le Parlement européen

LIBRE-ECHANGE S’il est adopté, une grande partie du CETA entrera en application provisoire, a priori dès le mois d’avril...

20 Minutes avec AFP

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Justin Trudeau, premier ministre canadien, enlace Cecilia Malmstrom , commissaire européenne au  commerce, le 30 octobre 2016 à Bruxelles.
Justin Trudeau, premier ministre canadien, enlace Cecilia Malmstrom , commissaire européenne au commerce, le 30 octobre 2016 à Bruxelles. — AFP

Dernière étape. Le Parlement européen se prononce ce mercredi sur le CETA, l’accord de libre-échange entre l’UE et le Canada. Mais quelle que soit l’issue du vote, l’intense opposition au traité ne sera pas sans conséquences sur la politique commerciale future de Bruxelles. S’il est adopté, une grande partie du CETA entrera en application provisoire, a priori dès le mois d’avril, le temps d’être ratifié par l’ensemble des Parlements nationaux et régionaux de l’UE, ce qui prendra des années.

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Trois heures de débat

Le vote est prévu mercredi midi (11h GMT) après trois heures de débat en présence de la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström. Plusieurs centaines d’opposants au traité, issus d’ONG ou de partis de gauche, sont attendus devant le Parlement.

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« Le monde nous regarde », avait prévenu Cecilia Malmström fin janvier. « Nous ne pactisons pas avec le diable (…) Nous parlons du Canada, l’un des pays les plus démocratiques du monde ! », avait-elle plaidé face à la contestation. Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a prévu de s’exprimer dans l’hémicycle jeudi, au lendemain du vote. Le texte supprimera 99 % des droits de douane. Mais il prône également la coopération en matière sociale, sanitaire et environnementale.

« Le CETA, c’est vraiment le dernier accord du Vieux monde »

L’Accord économique et commercial global (AEGC, en anglais CETA) est a priori soutenu par une majorité d’eurodéputés, essentiellement ceux de droite, ainsi que les libéraux et la plupart des socialistes. Le CETA est « la réponse de l’Europe et du Canada à la politique de Donald Trump », « un modèle pour l’avenir, fondé sur la coopération, les valeurs et les standards communs », a ainsi affirmé mardi l’Allemand Manfred Weber, président du groupe du Parti populaire européen (PPE, droite), le plus important du Parlement.

Les Verts, l’extrême gauche, l’extrême droite et certains socialistes voteront contre. « Le CETA, c’est vraiment le dernier accord du Vieux monde », résume le socialiste français Emmanuel Maurel. « Il y a à la fois trop d’incertitudes, trop de risques, trop d’insuffisances. »