Tunisie: Amnesty s’inquiète du retour de «méthodes brutales» pour lutter contre le terrorisme

ANTITERROSME L’ONG précise avoir étudié « 23 cas de torture et mauvais traitements depuis janvier 2015 »…

20 Minutes avec AFP

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La Tunisie a connu une série d’attaques djihadistes sanglantes depuis 2015.
La Tunisie a connu une série d’attaques djihadistes sanglantes depuis 2015. — FATHI NASRI / AFP

« Torture », « arrestations arbitraires », « perquisitions »… Amnesty International s’inquiète d’une recrudescence « importante » de « méthodes brutales » en Tunisie dans le cadre de la lutte antiterroriste, à la faveur notamment de l’état d’urgence, selon un rapport publié ce lundi.

L’unique pays rescapé du Printemps arabe a connu à partir de mars 2015 une série d’attaques djihadistes sanglantes qui ont fait plusieurs dizaines de morts. En réaction, les autorités ont pris un ensemble de mesures sécuritaires.

La Tunisie met « en péril les avancées obtenues »

En « recourant de plus en plus aux lois d’exception » et aux « méthodes brutales du passé », la Tunisie met « en péril les avancées obtenues » depuis la révolution de 2011, prévient Amnesty International dans un rapport sur les « violations des droits humains sous l’état d’urgence ».

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« Arrestations arbitraires » et « perquisitions » parfois menées en pleine nuit et « sans mandat », « restriction des déplacements des suspects », « harcèlement de proches » : l’ONG fait état de « récits glaçants » qui, selon elle, marquent une « hausse inquiétante du recours à des méthodes répressives contre les suspects dans les affaires de terrorisme ». Ces témoignages constituent un « sinistre rappel du régime » de Zine el Abidine Ben Ali, poursuit Amnesty.

Elle précise avoir étudié « 23 cas de torture et mauvais traitements depuis janvier 2015 », dont un « viol » présumé. Elle relève aussi que « des milliers de personnes ont été arrêtées » tandis qu'« au moins 5.000 » autres « se sont vu interdire de voyager » depuis que l’état d’urgence a été réinstauré.