Le «monsieur immigration» de Trump confirmé au poste de ministre de la Justice

ETATS-UNIS Les démocrates regrettent la nomination d'un « défenseur des discriminations et de la xénophobie »...

M.C. avec AFP
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Jeff Sessions, ici à Washington le 2 février 2017, est le nouveau ministre de la Justice de Donald Trump.
Jeff Sessions, ici à Washington le 2 février 2017, est le nouveau ministre de la Justice de Donald Trump. — SAUL LOEB / AFP

Il est l’un des principaux inspirateurs de la politique anti-immigration de Donald Trump. Le sénateur de l’Alabama Jeff Sessions a été confirmé mercredi par le Sénat américain au poste de ministre de la Justice des Etats-Unis.

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Les sénateurs ont voté par 52 voix contre 47 en faveur de ce fidèle du président Trump, la quasi-totalité du groupe démocrate votant non. La majorité républicaine a fait bloc autour de sa nomination, qui avait été annoncée le 18 novembre. Cet ultra-conservateur de 70 ans aux yeux clairs et cheveux blancs soigneusement coiffés fut le premier sénateur à se rallier au candidat Donald Trump pendant les primaires, et il se voit remercié par l’un des postes clés du gouvernement.

Un « défenseur des discriminations et de la xénophobie »

La défense des droits civiques et notamment le droit de vote des Noirs, ont été au cœur du débat autour de Jeff Sessions, rattrapé par de vieux propos considérés comme racistes par ses détracteurs. Le démocrate Chris Murphy a dénoncé un « défenseur des discriminations et de la xénophobie ».

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A l’inverse, les républicains estiment que l’arrivée de cet ancien procureur permettra de dépolitiser la justice, après huit années de présidence Obama. C’est « une excellente nouvelle pour ceux qui révèrent l’Etat de droit », a salué le sénateur Ted Cruz.

L'« Attorney General » supervise le FBI, les 93 procureurs fédéraux, ainsi que le Bureau de l’alcool, du tabac, des armes à feu et des explosifs (ATF), l’administration pénitentiaire, le Marshals Service (USMS), spécialisé dans la recherche des fugitifs, et l’agence de lutte antidrogue (DEA).

Une sénatrice démocrate empêchée de s'exprimer

Les démocrates s’en sont pris à Jeff Sessions tant pour son influence au sein de l’administration qu’en raison de propos prononcés dans les années 1980 lorsqu’il était procureur dans l’Alabama.

Un incident au Sénat mardi a relancé cette affaire. La démocrate Elizabeth Warren a commencé à lire une lettre écrite en 1986 par la veuve du militant des droits civiques Martin Luther King Jr., Coretta Scott King, qui dénonçait alors la nomination de Jeff Sessions comme juge, une nomination qui avait finalement échoué.

La sénatrice Warren a été sanctionnée car le règlement du Sénat interdit de dénigrer un collègue dans l’hémicycle. « Je ne resterai pas silencieuse face à un homme qui a tenu des propos racistes qui n’ont pas leur place dans notre système judiciaire », a déclaré Elizabeth Warren.

Changements attendus dans les domaines de l’immigration et des armes à feu

Jeff Sessions disposera d’une grande influence au sein de la Maison Blanche. L’un de ses fidèles et ancien porte-parole, Stephen Miller, est l’un des plus proches conseillers du président américain. Les démocrates doutent qu’il saura faire preuve d’indépendance face au président Trump, notamment pour enquêter sur les interférences russes dans la campagne électorale de 2016.

Au-delà, c’est dans les domaines de l’immigration, des armes à feu ou de la lutte contre les discriminations qu’un changement de direction est attendu. Au Sénat, Jeff Sessions incarnait surtout depuis son arrivée en 1997 l’opposition à l’immigration, tant légale que clandestine. Il est le sixième membre du « cabinet » présidentiel à avoir été confirmé à ce jour, sur 15, la minorité démocrate du Sénat usant de tous les moyens dilatoires pour retarder les confirmations.