Israël a voté une loi controversée en faveur des colons

COLONISATION L’Organisation de libération de la Palestine a accusé cette loi de « légaliser le vol » de terres palestiniennes...

20 Minutes avec AFP

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Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou à Jérusalem, le 29 novembre 2015.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou à Jérusalem, le 29 novembre 2015. — Dan Balilty/AP/SIPA

L’OLP dénonce une « entrave à la paix ».  Le Parlement israélien a voté lundi une loi qui permettra à l’Etat de s’approprier des centaines d’hectares de terres palestiniennes en Cisjordanie occupée. La loi, approuvée par 60 députés et rejetée par 52, a été adoptée en troisième et dernière lecture, après que le Premier ministre Benjamin Netanyahou a informé l’allié américain du débat sur cette question.

Un « vol légalisé » ?

L’Organisation de libération de la Palestine a accusé cette loi de « légaliser le vol » de terres palestiniennes, estimant dans un communiqué que « l’entreprise de colonisation d’Israël est une entrave à la paix et à la possibilité d’une solution à deux Etats ».

S’exprimant après le vote, Bezalel Smotrich du Foyer juif, parti nationaliste religieux qui fut l’un des instigateurs du projet, s’est félicité de l’élection du président américain Donald Trump « sans lequel la loi ne serait pas probablement passée ».

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Quelques heures plus tôt, le chef de l’opposition et du parti travailliste, Isaac Herzog, avait dénoncé une « loi abjecte » qui « annexerait des millions de Palestiniens » et exposerait selon lui les soldats et hommes politiques israéliens à des procès aux tribunaux criminels internationaux.

« Toute la terre d’Israël appartient au peuple juif »

Le ministre des Sciences et de la Technologie, Ofir Akounis, du parti de droite Likoud de Benjamin Netanyahu, lui avait rétorqué que « toute la terre d’Israël appartient au peuple juif. Ce droit est éternel et incontestable. »

Le vote de ce texte, approuvé en première lecture en décembre, paraissait incertain compte tenu des dissensions qu’il suscite mais aussi du message adressé par la Maison Blanche après une rafale d’annonces d’Israël en faveur de la colonisation.

A Londres, Benjamin Netanyahu a indiqué avoir informé l’administration de Donald Trump du projet et que le vote aurait bien lieu le jour même. « On ne prend pas ses amis par surprise, on les informe. C’est ce que j’ai fait », a-t-il dit, cité par les médias locaux.

Washington sort du silence

La Maison Blanche était sortie jeudi de deux semaines de silence pour freiner les ardeurs israéliennes. Depuis le 20 janvier et l’investiture de Donald Trump, présumé bien plus favorable que son prédécesseur Barack Obama, Israël a procédé à cinq annonces de colonisation portant sur plus de 6.000 nouveaux logements en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, territoires palestiniens occupés.

Dorénavant « l’administration (Trump) a besoin de consulter toutes les parties sur la manière d’avancer », a expliqué un responsable du département d’Etat qui vient de changer de patron, Rex Tillerson ayant succédé à John Kerry. « À l’heure qu’il est, des indications font état d’un probable réexamen de cette législation par la justice israélienne et l’administration Trump se gardera de commenter cette loi avant toute décision de justice », a justifié le responsable.

Une grande partie de la communauté internationale considère la colonisation comme un obstacle à la paix entre Israéliens et Palestiniens, en conflit depuis près de 70 ans.

« Réduire les perspectives de paix »

Pour elle, la loi favorise encore plus l’entreprise de colonisation, éloignant davantage la création d’un Etat palestinien indépendant coexistant avec Israël, solution de référence internationale au conflit.

Le coordinateur spécial de l’ONU pour la paix, Nikolay Mladenov, s’est dit « inquiet » que le texte ne « réduise grandement les perspectives de paix ».

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La loi permettra de déclarer terres israéliennes des terrains privés palestiniens sur lesquels des Israéliens ont construit sans autorisation, soit parce qu’ils ignoraient qu’ils étaient propriétés privées, soit parce que l’Etat les aurait laissés faire. Les propriétaires palestiniens seraient compensés financièrement ou par d’autres terrains.

Adalah, une ONG défendant les droits des Palestiniens, a déjà fait savoir qu’elle saisirait la Cour suprême.