Grande-Bretagne: Le Parlement britannique refuse d'inviter Trump à s'exprimer

DIPLOMATIE Le Speaker de la Chambre invoque son opposition au «racisme et au sexisme» du président américain...

P.B. avec AFP

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Le président américain Donald Trump et la Première ministre britannique, Theresa May, le 27 janvier 2016 à la Maison Blanche.
Le président américain Donald Trump et la Première ministre britannique, Theresa May, le 27 janvier 2016 à la Maison Blanche. — Shutterstock/SIPA

Un discours devant le Parlement britannique n’est « pas un droit automatique, mais un honneur qui se mérite ». Et visiblement, le Speaker de la chambre des communes estime que Donald Trump ne l’a pas mérité. Dans une déclaration particulièrement virulente, lundi, John Bercow s’est dit « fermement opposé » à ce que le président américain s’exprime devant les députés. Et Bercow est l’un des trois parlementaires qui doit donner son accord pour inviter un dignitaire étranger à s’exprimer.

« J’étais déjà fermement opposé à un discours du président Trump à Westminster avant l’introduction du décret anti-immigration », a indiqué le Speaker. « J’y suis encore plus fermement opposé après l’interdiction édictée contre les migrants », a-t-il poursuivi, faisant référence à la décision de Donald Trump d’interdire temporairement l’entrée aux Etats-Unis des réfugiés et des ressortissants de sept pays majoritairement musulmans (Iran, Irak, Libye, Somalie, Soudan, Syrie, Yémen).

« Opposition au racisme et au sexisme »

« Notre opposition au racisme et au sexisme, et notre combat pour l’égalité de tous devant la loi et en faveur d’une justice indépendante sont des préoccupations majeures », a dit Bercow pour justifier sa décision au nom de la chambre des Communes. Outre sa prise de position, 163 députés britanniques ont par ailleurs signé une motion visant à empêcher un discours de Donald Trump à Westminster.

La Première ministre Theresa May a essuyé une pluie de critiques après avoir convié Donald Trump à effectuer une visite d’Etat au Royaume-Uni cette année, une invitation formulée lors de sa rencontre fin janvier avec le président américain à Washington. Plus de 1,8 million de personnes ont depuis signé une pétition en ligne réclamant l’annulation de cette visite, et les députés sont censés en débattre courant février.