Une cour d'appel rembarre l'administration Trump en refusant de rétablir le décret anti-immigration

ETATS-UNIS Samedi, le département de la Justice avait fait appel de la décision d'un juge fédéral blocant l'application du décret polémique...

M.C. avec AFP

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Donald Trump au téléphone avec Vladimir Poutine, le 28 janvier 2017.
Donald Trump au téléphone avec Vladimir Poutine, le 28 janvier 2017. — Pete Marovich/SIPA

La bataille juridico-politique ne fait que commencer aux Etats-Unis. Le département américain de la Justice avait fait appel samedi soir de la décision d’un juge fédéral bloquant l’application du décret migratoire signé il y a huit jours par Donald Trump, rouvrant de fait les portes des Etats-Unis aux ressortissants de sept pays majoritairement musulmans. Mais, tôt ce dimanche, une cour d'appel a rejeté cette demande de l'administration Trump.

« Les méchants sont très contents », estimait Donald Trump samedi dans un tweet:

« Parce que l’interdiction [d’entrer aux Etats-Unis] a été levée par un juge, beaucoup de personnes mauvaises et dangereuses pourraient se déverser dans notre pays. Une très mauvaise décision », a encore déclaré le président américain sur Twitter.

Le juge fédéral de Seattle James Robart avait émis vendredi soir une injonction temporaire valable sur l’ensemble du territoire américain, le temps qu’une plainte déposée lundi par le ministre de la Justice de l’Etat de Washington soit examinée sur le fond. 

Les conséquences de la décision du juge Robart se sont traduites dès samedi par un renversement - au moins temporaire - des restrictions imposées par le décret, et les vols à travers le monde en direction des Etats-Unis ont recommencé à accepter les ressortissants des sept pays visés par le décret.

« Soi-disant juge »

Le ministère de la Sécurité intérieure a affirmé « qu’en accord avec la décision du juge » il avait « suspendu toutes les actions qui mettent en œuvre » le décret. Les contrôles aux frontières, précise Gillian Christensen, un porte-parole du ministère, s’en tiendront jusqu’à nouvel ordre « aux procédures habituelles ».

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« L’opinion de ce soi-disant juge, qui en gros prive notre pays de sa police, est ridicule et sera cassée ! », avait prévenu Donald Trump dans une première salve de tweets samedi matin. « Où va notre pays quand un juge peut arrêter une interdiction de voyager faite pour des raisons de sécurité intérieure et quand n’importe qui, même avec des mauvaises intentions, peut entrer aux Etats-Unis », avait-il tweeté à nouveau samedi après-midi.

La diplomatie américaine a de son côté annoncé être revenue sur la suspension de quelque 60.000 visas. « Nous avons renversé la révocation provisoire des visas entraînée par le décret présidentiel 13769. Les personnes munies de visas qui n’ont pas été physiquement annulés peuvent désormais voyager si le visa est valide », a expliqué une porte-parole du Département d’Etat dans un communiqué.