Décret anti-immigration bloqué: Plusieurs compagnies dont Air France reprennent le transport des passagers des 7 pays visés

ETATS-UNIS D'autres transporteurs restent plus prudents face à une situation encore incertaine...

20 Minutes avec AFP

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Un A380 de la compagnie Air France au décollage à Roissy Charles-de-Gaulle, le 29 novembre 2015
Un A380 de la compagnie Air France au décollage à Roissy Charles-de-Gaulle, le 29 novembre 2015 — M.ASTAR/SIPA

Vers un retour au moins temporaire à la normale? Certaines compagnies aériennes ont recommencé samedi à transporter vers les Etats-Unis les ressortissants des sept pays qui y étaient interdits d'entrée, après le blocage par un juge du décret de Donald Trump.

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Air France, Qatar Airways, Lufthansa ou encore Swiss ont dit appliquer les nouvelles directives de la justice américaine lorsque les passagers concernés ont un visa en règle.

«On applique immédiatement la décision de justice»

«Depuis ce matin, on applique immédiatement la décision de justice prise cette nuit. Tous les passagers qui se présentent, à partir du moment où ils sont en règle, où ils ont des papiers en règle pour aller aux Etats-Unis (...), embarquent», a affirmé un porte-parole d'Air France, sans préciser combien de passagers cela a pu concerner jusqu'ici.

Une ligne de conduite identique est observée par d'autres compagnies aériennes à la suite du blocage vendredi par le juge fédéral de Seattle (ouest) du décret du président américain interdisant, pendant trois mois, aux ressortissants de sept pays en majorité peuplés de musulmans (Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen), et, pendant quatre mois, à tous les réfugiés l'accès aux Etats-Unis. Sur leurs sites internet respectifs, Qatar Airways et l'Allemande Lufthansa, par exemple, ont ainsi annoncé se conformer au jugement.

En Egypte, un responsable à l'aéroport du Caire a déclaré que les transporteurs aériens avaient reçu un avis de l'aéroport JFK de New York sur l'arrêt de l'application du décret de Donald Trump. L'avis concerne tous les passagers en possession d'un visa d'immigration ou de tourisme, qu'ils prennent un vol direct vers les Etats-Unis ou transitent par un autre aéroport, a ajouté ce responsable sous le couvert de l'anonymat.

«À l'heure actuelle, tous les passagers munis de documents de voyage valables peuvent voyager sur n'importe quel vol Swiss à destination des Etats-Unis», a elle aussi assuré cette compagnie suisse dans un communiqué. «Nous sommes en dialogue permanent avec les autorités américaines compétentes (US Customs and Border Protection - CBP) et respecterons strictement les conditions d'entrée sur le territoire américain», a-t-elle poursuivi.

Autorisation provisoire?

Cette autorisation pourrait en effet n'être que provisoire puisqu'elle est valable, sur l'ensemble du territoire américain, le temps qu'une plainte déposée lundi par le ministre de la Justice de l'Etat de Washington (ouest), Bob Ferguson, soit examinée. «L'opinion de ce soi-disant juge, qui en gros prive notre pays de sa police, est ridicule et sera cassée !», a quant à lui réagi Donald Trump.

A Téhéran, une agence de voyages a recommandé aux Iraniens qui souhaitaient se rendre aux Etats-Unis de le faire le plus vite possible. «A tous ceux qui ont un visa, d'immigration ou autre, (...) prenez un avion pour n'importe quelle ville (des Etats-Unis) ce soir», a lancé le conseiller de cette agence sous le couvert de l'anonymat. La décision du juge fédéral peut «être rejetée en appel», a-t-il prévenu, disant aux Iraniens de ne signer aucun document si on leur empêchait de pénétrer sur le sol américain à leur arrivée à l'aéroport.

Aucun changement chez Finnair

Une incertitude qui pousse aussi certaines compagnies à la prudence. La Finlandaise Finnair n'a ainsi procédé à aucun changement pour l'instant, les passagers des sept pays mentionnés dans le décret n'embarquant pas en l'absence d'une confirmation officielle des autorités américaines, a déclaré une porte-parole.

Le transporteur «low cost» norvégien Norwegian juge de son côté dans un communiqué la situation «incertaine» et demande aux personnes concernées de consulter l'ambassade des Etats-Unis. Même son de cloche chez SAS, une autre compagnie scandinave, qui déclare ignorer si les douanes américaines se conforment ou non au blocage de la mesure anti-immigration.

De nombreux ressortissants de ces sept pays ont été retenus ces derniers jours dans les aéroports à leur arrivée aux Etats-Unis ou empêchés d'embarquer au départ d'autres pays, suscitant de vives protestations internationales et la condamnation des organisations de défense des droits de l'Homme.