Etats-Unis: Quand la conseillère de Donald Trump invente un massacre pour justifier le décret anti-immigration

POLITIQUE Kellyanne Conway a créé un nouveau «fait alternatif» pour contrer certaines critiques contre le décret anti-immigration signé par Donald Trump…

20 Minutes avec agence

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La conseillère du président américain Donald Trump, Kellyanne Conway, le 22 janvier 2017 à Washington (Etats-Unis).
La conseillère du président américain Donald Trump, Kellyanne Conway, le 22 janvier 2017 à Washington (Etats-Unis). — Manuel Balce Ceneta/AP/SIPA

Son but ? Justifier la présence de l’Irak parmi les sept pays dont les ressortissants sont désormais interdits d’entrée aux Etats-Unis. Kellyanne Conway, conseillère de Donald Trump, a évoqué ce jeudi à la télévision américaine une attaque terroriste, qualifiée de « massacre », menée par deux Irakiens en 2011 à Bowling Green, dans le Kentucky (Etats-Unis).

Des événements qui, d’après la proche collaboratrice du président américain, auraient à l’époque poussé le président Barack Obama à priver de visa les réfugiés irakiens pendant six mois. Problème : aucune attaque de ce type n’a eu lieu et l’ancien président des Etats-Unis n’a jamais pris une telle décision.

« Les gens ne le savent pas parce que ça n’a pas été couvert par les médias »

« Je suis sûre que la plupart des gens ne savent pas que le président Obama avait ordonné une interdiction d’entrée des réfugiés irakiens pendant six mois après l’arrivée dans notre pays des deux Irakiens radicalisés qui ont organisé le massacre de Bowling Green. Les gens ne le savent pas parce que ça n’a pas été couvert par les médias », a pourtant affirmé Kellyanne Conway en direct pendant l’émission Hardball sur la chaîne MSNBC.

Un argument qui vient répondre aux remarques de certains observateurs qui s’étonnaient de la liste des nations concernées par le décret anti-immigration signé par Donald Trump. En effet aucun pays dont les ressortissants ont commis des actes terroristes aux Etats-Unis mais où le président a des intérêts personnels n’en fait partie. A l’inverse, aucun citoyen des Etats visés n’a récemment été à l’origine d’attaques.

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Un renforcement des contrôles de sécurité

Ce nouveau « fait alternatif » mis en avant par l’administration Trump semble trouver son origine dans l’arrestation, bien réelle, de deux réfugiés irakiens dans la ville du Kentucky en 2011. Mais les deux hommes avaient été interpellés pour répondre de faits commis contre l’armée américaine dans leur pays d’origine, précise la RTBF.

Et si le président Obama avait en effet pris des mesures suite à l’événement, il s’agissait d’un renforcement des contrôles de sécurité auxquels étaient soumis les réfugiés venus d’Irak à leur arrivée sur le territoire américain, et pas d’une interdiction d’entrer sur ce dernier.