Trump et les républicains prêts à la guerre «nucléaire» avec les démocrates

ETATS-UNIS Le président a appelé le chef du Sénat à contourner l'obstruction démocrate, si besoin en passant à la majorité simple pour confirmer son candidat à la Cour suprême...

P.B.

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Le chef de la majorité républicaine du Sénat américain, Mitch McConnell, le 10 mars 2015 à Washington
Le chef de la majorité républicaine du Sénat américain, Mitch McConnell, le 10 mars 2015 à Washington — Nicholas Kamm AFP

Cela ne fait que deux semaines que Donald Trump a pris ses fonctions, et déjà, les relations avec l’opposition démocrate sont au plus mal. Et le bras de fer pour faire confirmer le candidat du président pour la Cour suprême pourrait tourner à la guerre « nucléaire ».

« Si nous sommes bloqués ainsi je dirais : ''Si tu peux Mitch, prend l’option nucléaire''. Parce que ce serait une honte absolue qu’un homme de sa qualité soit négligé », a déclaré Donald Trump mercredi matin en parlant de Mitch McConnell, chef de la majorité républicaine au Sénat. Et par option nucléaire, il veut dire changer les règles, et passer d’une « super » majorité de 60 sénateurs pour confirmer un juge à la Cour suprême, à une majorité simple de 51.

Les républicains ont joué la montre

A l’heure actuelle, il y a 52 sénateurs républicains sur 100. Cela suffit pour confirmer des ministres, comme le secrétaire d’Etat Rex Tillerson, mais pour la Cour suprême, le parti au pouvoir aura besoin du soutien de huit démocrates. Sauf que ces derniers ont encore en travers de la gorge l’attitude des républicains sous Obama, qui n’ont même pas voulu accorder une audition au champion choisi par le président démocrate pour remplacer le juge Scalia. Menés par Mitch McConnell, les républicains ont joué la montre et attendu de reconquérir la Maison Blanche pour pouvoir refaire basculer la Cour suprême en nommant un cinquième juge conservateur sur les neuf qui siège à la plus haute instance judiciaire américaine.

Changer les règles du jeu n’est pas fair-play, mais les démocrates l’ont fait en 2013 pour la confirmation de nombreux postes, sauf pour la Cour suprême. Sur le papier, rien n’empêche les républicains de mettre leur menace à exécution. Sauf que si les démocrates s’imposent en 2020, ils en bénéficieraient également. Bref, comme avec la vraie bombe, parfois, mieux vaut en rester au stade de la dissuasion.