Trump défend son appel téléphonique «musclé» au Premier ministre australien

DESACCORD Le président américain n’a pas apprécié les accords migratoires passés entre l’Australie et Barack Obama…

Lucie Bras

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Donald Trump lors de son appel avec Malcolm Turnbull dans le bureau ovale.
Donald Trump lors de son appel avec Malcolm Turnbull dans le bureau ovale. — Alex Brandon/AP/SIPA

«Ne vous inquiétez pas.» C'est le message de Donald Trump aux Américains, alors que le Washington Post affirme que le président américain a passé un appel incendiaire au Premier ministre australien à propos d'un accord pour accueillir des réfugiés. «Quand vous entendez parler d'appels téléphoniques musclés, ne vous inquiétez pas. Ils sont musclés, on doit être dur. C'est l'heure de durcir un peu le ton. Trop de pays ont profité de notre générosité. C'est terminé», a déclaré le président américain lors d'un point presse, jeudi.

Le clash a poussé le sénateur républicain John McCain, qui critique régulièrement les sorties de Donald Trump, notamment sur la Russie, à appeler l'ambassadeur australien. «L'Australie est l'un des plus vieux alliés des Etats-Unis», indique McCain dans un communiqué, exprimant son «soutien sans faille à l'alliance» entre les deux pays.

Ça aurait pu être un coup de fil de routine entre deux vieux alliés. Mais l’échange a tourné au vinaigre entre le Président Donald Trump et le Premier ministre australien Malcolm Turnbull, d’après le Washington Post.

Samedi dernier, dans le bureau ovale, Donald Trump était au téléphone avec le Premier ministre australien quand le sujet de l’immigration est venu pimenter leur conversation. Le chef du gouvernement australien a demandé à Donald Trump d’honorer l’accord passé pendant le mandat de Barack Obama, qui oblige les Etats-Unis à accueillir 1.250 réfugiés venant des centres de détention australiens.

Un « accord débile »

Le président américain s’est insurgé contre cette demande en assurant qu’il allait « se faire tuer » sur le plan politique avec cet accord, rapporte le quotidien. Il aurait ensuite accusé l’Australie de chercher à exporter « les prochains terroristes de Boston » puis a écourté l’appel téléphonique.

L’échange devait durer une heure, il se terminera au bout de 25 minutes. Donald Trump a raccroché, juste après avoir vociféré que, des quatre appels qu’il a eus dans la journée, celui-là était de loin le pire.

Suite à cet incident, les versions des deux dirigeants diffèrent dans la presse. Malcolm Turnbull a assuré que la conversation avait été « très franche et directe » et s’était « achevée de façon courtoise ». Il s’est par la suite dit « déçu » que les détails présumés de cet appel aient été révélés.

Donald Trump, comme à son habitude, n’a pas mâché s’est mots en s’exprimant sur Twitter. « Vous le croyez ? L’administration Obama a donné son accord pour accueillir des milliers d’immigrants illégaux venus d’Australie. Pourquoi ? Je vais étudier cet accord débile ! »

Contrairement à ce qu’affirme Donald Trump, l’accord ne concerne pas des migrants illégaux mais des migrants ayant obtenu le statut de réfugié. Malgré cette réaction, le Premier ministre australien ne s’est pas démonté : « L’engagement qu’a pris le président pendant cette conversation a été pris et il a été confirmé par son porte-parole un jour ou deux après ». Le porte-parole de la Maison Blanche Sean Spicer a confirmé mardi que l’accord serait maintenu.