Afrique du Sud: Scandale autour de la mort d’au moins 94 malades mentaux faute de soins adaptés

POLEMIQUE Selon une enquête officielle, ces patients sont décédés après avoir été transférés en urgence d'un hôpital psychiatrique de Johannesburg vers 27 centres de soins de piètre qualité tenus par des ONG...

20 Minutes avec agences

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Illustration d'un patient dans un hôpital psychiatrique.
Illustration d'un patient dans un hôpital psychiatrique. — N. KOLESNIKOVA/AFP PHOTO

Des établissements sanitaires décrits comme des « camps de concentration ». Au moins 94 patients atteints de maladies mentales sont morts entre mars et décembre 2016 faute de soins adaptés, après avoir été transférés en urgence d’un hôpital psychiatrique de Johannesburg ( Afrique du Sud) vers 27 centres de piètre qualité tenus par des ONG.

Tel est le constat formulé par une enquête officielle, qui a provoqué ce mercredi un scandale dans le pays. A l’origine de ce tollé : la décision du département de la Santé de la province de Gauteng de mettre un terme au contrat qui le liait à l’hôpital Life Esidimeni. Un millier de patients ont en conséquence été transférés.

Traités comme « dans un marché aux bestiaux »

Déshydratation, diarrhées, crises d’épilepsie… « une personne est morte des suites d’une maladie mentale. Ce n’est le cas d’aucune des 93 autres victimes », a expliqué devant la presse l’auteur de l’enquête, Malegapuru Makgoba, le médiateur en charge des questions de santé, indiquant que ce bilan pourrait encore augmenter.

Tout au long des 68 pages de son rapport, l’auteur décrit en détail les conditions déplorables du transfèrement des malades, traités comme « dans un marché aux bestiaux ». Il dénonce également leurs conditions de séjour dans leurs nouveaux centres de soins, souvent « mal équipés », privés de chauffage et surchargés, où ils n’ont parfois pas reçu assez à manger et à boire.

Le plus grand syndicat du pays exige un « système de soins public global »

La « ministre » provinciale en charge du département de la Santé, Qedani Mahlangu, a présenté sa démission, tandis que le Premier ministre de la province, David Makhura, a promis de poursuivre tous les responsables du drame.

De son côté, l’opposition a dénoncé les « négligences » du gouvernement du Congrès national africain (ANC). Quant au plus grand syndicat du pays (Cosatu), il a exigé la mise en place d’un « système de soins public global » sans « sous-traitance » vers le privé.