Yémen: La première opération militaire de Donald Trump tourne au fiasco

MONDE La fille du terroriste Anwar al-Awlaki, âgée de 8 ans, fait partie des victimes, selon sa famille...

P.B. avec AFP

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Le président américain s'est rendu mercredi sur la base aérienne de Dover dans le Delaware (Est)
Le président américain s'est rendu mercredi sur la base aérienne de Dover dans le Delaware (Est) — Pablo Martinez Monsivais/AP/SIPA

Le premier raid autorisé par Donald Trump a très mal tourné. Le commandement des forces armées américaines au Moyen-Orient a reconnu mercredi qu'un raid de ses forces spéciales dimanche contre Al-Qaida au Yémen avait «probablement» tué des civils, dont des enfants.

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Après le raid, dans lequel un soldat américain avait trouvé la mort, une source yéménite avait avancé un bilan de 41 membres d'Al-Qaida tués, ainsi que huit femmes et huit enfants.

«Les possibles victimes civiles semblent avoir été prises dans les tirs» d'avions ou d'hélicoptères appelés à la rescousse des soldats américains se battant à terre, selon le Centcom. Ceux-ci étaient engagés «contre un ennemi déterminé, comprenant des femmes», précise le communiqué. Les forces spéciales américaines «étaient visées de toute part, y compris depuis des maisons ou des bâtiments», a ajouté le commandement américain.

Une fillette américaine de 8 ans parmi les victimes

Al-Qaida dans la péninsule arabique (Aqpa) «a une tradition bien établie et horrifiante de cacher des femmes et des enfants dans ses zones d'opération et ses camps, et démontre en permanence son mépris pour les vies innocentes», a déclaré le colonel John Thomas, porte-parole du Centcom.

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La fille du terroriste américano-yéménite Anwar al-Awlaki, tué en 2011 par une frappe de drone, ferait partie des victimes, selon sa famille. Elle avait huit ans et la nationalité américaine.

Un raid prévu par Barack Obama

Le raid est la première opération anti-terroriste de ce type autorisée par Donald Trump. Mais le Pentagone a affirmé que l'opération était en préparation depuis longtemps, avec l'accord de la Maison Blanche de Barack Obama.

Ce sont des «raisons opérationnelles» qui ont fait que le raid a eu lieu dimanche et non pas il y a deux semaines, quand le président Barack Obama était encore au pouvoir, a expliqué lundi le porte-parole du Pentagone Jeff Davis.

Trois soldats américains ont été blessés dans les combats, en plus du soldat tué. Et trois autres ont été blessés lors de l'accident d'un avion-hélicoptère V-22 Osprey américain à proximité du lieu des combats. Celui-ci a effectué un atterrissage brutal pendant l'opération et a dû être détruit pour éviter qu'il ne tombe entre les mains d'Al-Qaida.