Otage d’Arlit: Un négociateur nigérien dément des liens avec l’assassinat de journalistes de RFI

MALI Mohamed Akotey a également réfuté tout détournement d’une partie de la rançon…

20 Minutes avec AFP

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Les journalistes de RFI Ghislaine Dupont et Claude Verlon, tués en novembre 2013 à Kidal, au Mali.
Les journalistes de RFI Ghislaine Dupont et Claude Verlon, tués en novembre 2013 à Kidal, au Mali. — RFI

Une semaine après la diffusion du reportage d’Envoyé spécial, le négociateur nigérien de la libération en 2013 de quatre otages français enlevés au Niger, Mohamed Akotey, a réfuté mardi tout détournement d’une partie de la rançon et tout lien avec le rapt et l’assassinat quelques jours plus tard au Mali de deux journalistes français de RFI.

« Quand les djihadistes demandent quelque chose, (quand) vous avez convenu ensemble que quelque chose leur sera donné puis vous ne tenez pas parole, vous n’aurez jamais ce que vous cherchez, à savoir la libération » des otages, a-t-il déclaré dans une rare interview à RFI.

« C’est un rapt d’opportunité qui a mal tourné »

Un ancien de la DGSE (renseignements extérieurs français), Pierre-Antoine Lorenzi, intermédiaire en concurrence avec un autre négociateur, Jean-Marc Gadoullet, a affirmé dans une enquête d’Envoyé spécial (France 2) diffusée jeudi que trois millions d’euros n’avaient pas été « décaissés ». Alain Juillet, ancien directeur du renseignement à la DGSE, a aussi évoqué dans ce reportage « des rumeurs selon lesquelles la somme qui avait été donnée (…) était incomplète ».

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Selon Envoyé Spécial, le chef Sidan Ag Hitta aurait également demandé, dans le cadre des négociations d’Arlit, que ses neveux emprisonnés à Bamako pour prise d’otage soient libérés. En vain. Le négociateur nigérien dit n’avoir jamais entendu parler de la libération de deux djihadistes détenus à Bamako parmi les contreparties réclamées pour celle des quatre otages d’Arlit.

Mohamed Akotey ne voit donc pas de lien entre la libération des otages d’Arlit, qui aurait pu faire des mécontents, et l’enlèvement et l’assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon quelques jours plus tard à Kidal, dans le nord du Mali. « Moi je pense que c’est un rapt d’opportunité qui a mal tourné », juge Mohamed Akotey. « La presse a tellement rabâché les oreilles à tout le monde sur le montant faramineux de la rançon (versée pour les otages d’Arlit). Cela a dû donner des idées à quelques-uns. Ils ont trouvé ce qu’il y avait sous la main et puis voilà, ça a mal tourné », esquisse-t-il.