Etats-Unis: Un véritable crâne humain se cachait dans la tête d'un mannequin

ARCHEOLOGIE «Lion attaquant un dromadaire», composition du taxidermiste français Edouard Verreaux, a réservé une surprise de taille aux spécialistes lors de sa restauration…

20 Minutes avec agence

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Un crâne humain. Illustration.
Un crâne humain. Illustration. — F. Scheiber / 20 Minutes

La composition du taxidermiste français Edouard Verreaux intitulée Lion attaquant un dromadaire était de retour ce samedi au musée d’histoire naturelle Carnegie de Pittsburgh (Etats-Unis), après neuf mois de restauration. Mais une surprise de taille attendait les spécialistes.

Un vrai crâne se cachait sous la tête du mannequin représentant un messager arabe. Si les animaux étaient censés être de véritables créatures empaillées, ce n’était pas le cas pour le seul protagoniste humain de cette composition du XIXe siècle.

« Détails du visage »

Les experts ont découvert l’anomalie en scannant le mannequin. Edouard Verreaux était connu pour introduire dans ses compositions des parties de corps humain traitées pour pouvoir être conservées. Mais les spécialistes pensaient que seule une des dents du mannequin était d’origine humaine.

« Le mannequin est en effet un mannequin… sauf le crâne. Voilà pourquoi les détails du visage sont si précis », a expliqué à un journal local l’un des responsables du musée, Gretchen Anderson. Cet élément capital n’avait jamais été révélé, bien que la composition ait beaucoup voyagé depuis sa création.

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Le crâne restera en place

Lion attaquant un dromadaire a été réalisée pour l’exposition universelle de Paris en 1867. Cette représentation du nomade, de deux lions et d’un dromadaire a été vendue deux ans plus tard au musée d’histoire naturelle de New York (Etats-Unis), qui l’a brièvement prêtée pour une exposition à Philadelphie (Etats-Unis). L’établissement de Pittsburgh l’a finalement achetée en 1899.

Le crâne humain, sur lequel le visage du mannequin a été directement sculpté, ne peut être désolidarisé de la statue sans la détruire. Il va donc rester en place. Par ailleurs, les responsables du musée auraient du mal à rendre les ossements au pays d’origine de l’homme concerné, comme certains conservateurs l’ont fait par le passé.

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« Nous ne pouvons procéder à aucun rapatriement avec les renseignements que nous avons actuellement. (…) J’en ai parlé avec d’autres archéologues et nous pensons qu’il y a peu de chance de découvrir des informations suffisamment précises, même avec des tests ADN », indique ainsi Erin Peters, curatrice du musée américain.