«A coté de Kadhafi, les jeunes de banlieue font pale figure»

INTERVIEW Memona Hintermann a raconté, lundi soir, comment elle avait été victile d'une tentative de viol de la part de Mouammar Kadhafi...

Propos recueillis par Armelle Le Goff

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C’est l’indignation qui a poussé la grande reporter de France 3, Memona Hintermann à prendre la parole. Lundi dans l'Edition spéciale sur Canal+, elle a raconté avoir été victime, en 1984, d’une tentative de viol de la part de Mouammar Kadhafi. Alors qu’elle réussit à lui échapper, il la menace de «la tuer» si elle se permet d’en parler à qui que ce soit. Elle a confié à 20minutes, sa déception de le voir reçu «sous les ors de l’Elysée».

Pourquoi parler maintenant de cet événement, survenu en 1984?

Comme vous pouvez l’imaginer, c’est le genre de sujet sur lequel on n’a pas forcément envie de revenir. J’ai beaucoup réfléchi avant de le faire, mais franchement d’un point de vue éthique et personnel, cela fait du bien d’en parler et de s’insurger contre le fait que cet homme qui a tenté de me violer, il y a maintenant plus de vingt ans, soit soudainement devenu fréquentable. La vérité c’est que Kadhafi n’a pas changé. Simplement, le 9 avril 2003, Saddam Hussein a été démis par les Américains, et Kadhafi a réalisé qu’il était susceptible de subir le même sort.

Lors de votre intervention sur Canal +, vous parlez de Kadhafi comme d’une racaille…
C’est une super racaille. C’est un dirigeant qui a financé les groupes terroristes du monde entier, mis des bombes dans les avions, pris en otage cinq infirmières bulgares et un médecin palestinien pendant huit ans… Et on le reçoit sous les ors de la République. A côté de lui, les jeunes de banlieues font pâle figure franchement.

Aujourd’hui, vous êtes indignée par le fait qu’il soit reçu avec tant d’égards par Nicolas Sarkozy?
Je suis profondément déçue. Pour moi qui suis originaire de l’île de La Réunion, le drapeau français, la Marseillaise, les symboles républicains en général, cela veut dire quelque chose. Ce sont des mythes et je n’accepte pas qu’ils soient ainsi galvaudés. Alors, bien sûr, je suis réaliste, il y a des intérêts économiques importants qui sont en jeu, mais à ce moment-là qu’on arrête de faire croire au monde entier qu’on est le pays des Droits de l’homme et qu’on dise clairement qu’on est devenu comme tout le monde.


MEMONA HINTERMANN A L'EDITION SPECIALE
envoyé par MrZapouille