Attentat à Beyrouth: «Le portail de la cour a été propulsé dans le salon»

LIBAN Qui était visé, quelle méthode a été utilisée, qu'ont resentis les voisins de l'explosion...

De notre correspondant au Liban, David Hury

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Un général de l'armée libanaise, proche du candidat favori à la présidence et responsable des opérations contre des rebelles islamistes l'été dernier, a été tué mercredi dans un attentat qui a fait quatre morts dans une banlieue chrétienne de Beyrouth.
Un général de l'armée libanaise, proche du candidat favori à la présidence et responsable des opérations contre des rebelles islamistes l'été dernier, a été tué mercredi dans un attentat qui a fait quatre morts dans une banlieue chrétienne de Beyrouth. — AFP
Une voiture piégée a explosé, mercredi matin, près de Beyrouth, au Liban, faisant au moins quatre morts.


• Qui a été visé par l’attentat?
Le général de brigade François el-Hajj, 54 ans, était un proche du général Michel Sleimane, actuel commandant en chef de l’armée libanaise et probable futur président de la République. Proche de Sleimane, el-Hajj aurait dû prendre la succession de celui-ci à la tête de l’armée. Il avait, entre fin mai et début septembre, dirigé les opérations contre le groupuscule jihadiste du Fatah al-Islam dans le camp de réfugiés palestiniens de Nahr el-Bared.

• Quelle méthode a été utilisée?
«L’attentat était très ciblé, a commenté une source de l’armée. Comme à chaque attentat, le procédé est le même: une voiture piégée placée sur un trajet repéré d’avance et une forte charge d’explosifs.» Depuis octobre 2004 et le premier attentat (raté celui-ci) contre le ministre Marwan Hamadé, la totalité des assassinats ou tentatives d’assassinats ont suivi le même schémas (mis à part l’exécution par balles du ministre Pierre Gemayel). Une source sécuritaire au sein de l’armée a précisé que la charge contenait 35kg d’un explosif non déterminé, placé dans une BMW 320, et a creusé un cratère de 2 mètres de diamètre.

• Aurore Mallat, habitant à 50m de l’attentat
«La détonation a été si violente que j’ai cru que la voiture piégée était au pied de notre immeuble. Dans notre appartement, toutes les vitres ont volé en éclats, le portail de la cour a été propulsé dans notre salon, mais personne n’a été blessé. J’ai pris ma fille de 11 mois dans les bras, et nous sommes descendus dans la rue avec mon mari pour voir ce qui se passait. Un car scolaire était là, à moins de 100m de l’explosion. Tous les enfants en sont descendus, jaunes de peur de sachant pas ce qui se passait. Nous avons appelé leurs parents pour qu’ils viennent les chercher. Moi-même, j’étais en état de choc. Ma première réaction était de me dire «Ça suffit, je ne veux plus vivre dans ce pays». Une fois calmée, je me suis fait une raison: c’est ça le Liban.»

• Johan Verkammen, ambassadeur belge
«Ma résidence se situe à 600m du lieu de l’attentat, a expliqué le diplomate belge en poste à Beyrouth depuis le mois de septembre. Les vitres ont tremblé, une épaisse colonne de fumée s’est élevée dans le ciel. Ce type de détonation ne laisse aucun doute sur le moment. Ces attentats à répétition visent à déstabiliser le Liban et la reconstruction de l’Etat.»