Obama sort de son silence et critique le décret anti-immigration de Trump

ETATS-UNIS L'ancien président américain apporte son soutien aux manifestants...

P.B.

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Donald Trump le 30 janvier à la Maison Blanche.
Donald Trump le 30 janvier à la Maison Blanche. — Pablo Martinez Monsivais/AP/SIPA

Il avait dit qu’il parlerait si « les valeurs-clés de l’Amérique étaient attaquées ». Il a donc fallu moins d’une semaine à Donald Trump pour pousser Barack Obama à s’exprimer. Lundi, l’ancien président américain a critiqué le décret anti-immigration signé par son successeur, vendredi.

« En ce qui concerne les comparaisons avec les décisions de politique étrangère du président Obama, le président (Obama) est en désaccord fondamental avec la notion de discriminer des individus en raison de leur croyance ou de leur religion », a indiqué son porte-parole, Kevin Lewis. L’ancien président a également apporté son soutien aux manifestants : « Le fait que des citoyens exercent leur droit constitutionnel d’assemblée, de mobilisation et de se faire entendre par leurs élus correspond exactement à ce que nous voulons voir lorsque les valeurs américaines sont en jeu ».

«Il y a beaucoup de ''bad dudes''», justifie Donald trump

De bon matin lundi, Donald Trump s’est énervé sur Twitter, justifiant son décret par une salve de six messages. Et malgré la controverse provoquée aux Etats-Unis et dans le monde entier, le président américain persiste et signe.

Si le décret « avait été annoncé avec une semaine d’avance, les ''mauvais'' se seraient précipités pour entrer dans notre pays pendant cette semaine. Il y a beaucoup de mauvais ''types'' dans le monde », écrit Donald Trump sur son compte personnel.

Après les « bad hombres » (mauvais hommes en espanglais) venus du Mexique, voici donc les « bad dudes » venus de pays majoritairement musulmans : Irak, Iran, Syrie, Libye, Somalie, Soudan et Yémen.

1 chance sur 3,6 milliards d’être tué par un réfugié dans une attaque terroriste

Il y a beaucoup de questions sur la composition de la liste des sept pays sur la liste noire de Donald Trump. Alors que le président américain invoque le 11 septembre 2001, l’Arabie Saoudite et l’Egypte, dont venaient la plupart des terroristes impliqués dans l’attaque, n’en font pas partie. La Maison Blanche s’est appuyée sur une liste de pays « à risques » identifiée par Barack Obama, qui avait déjà mis en place certaines restrictions, a indiqué le porte-parole de Donald Trump, Sean Spicer.

L’autre question fondamentale est la suivante : quel est le risque représenté par les réfugiés ? Selon le Cato Institute (pdf), sur 859.629 réfugiés admis aux Etats-Unis depuis 2001, seulement trois ont été condamnés pour avoir préparé une attaque terroriste. Selon un calcul complexe de ce think tank libertarien, il y a 1 chance sur 3,6 milliards pour un Américain d’être tué par un réfugié dans une attaque terroriste. C’est 1.000 fois moins que le risque d’être tué par un touriste étranger. Peut-être que Donald Trump aurait dû imposer un « tourist ban ».