Attentat à Québec: Un suspect qui se rend, six morts et cinq blessés graves… Ce que l’on sait de la fusillade dans un centre culturel islamique

ENQUETE Dimanche soir, deux hommes cagoulés ont tiré dans une mosquée au Canada, faisant six morts...

Oihana Gabriel

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La police canadienne près de la mosquée où a eu lieu une fusillade dimanche 29 janvier 2017 à Québec.
La police canadienne près de la mosquée où a eu lieu une fusillade dimanche 29 janvier 2017 à Québec. — AFP

Terrorisme ou faits divers ? Dimanche soir, deux hommes ont tiré dans un centre culturel islamique de Québec pendant la prière, faisant six morts. Deux suspects ont été interpellés peu après. 20 Minutes fait le point sur l’enquête.

Que s’est-il passé ?

Deux hommes cagoulés ont tiré sur des fidèles dimanche soir dans une mosquée au Canada, faisant six morts. Une attaque inédite que le Premier ministre Justin Trudeau a qualifiée d'« acte terroriste ». Les deux hommes ont fait irruption dans l’enceinte du centre culturel islamique de Québec (sud-est) aux environs de 19h30 dimanche (01h30 heure de Paris lundi), à la fin de la dernière prière de la journée, avant de faire feu.

Quel est le bilan ?

Une cinquantaine de personnes étaient rassemblées dans la mosquée et les secours ont déploré six morts et huit blessés, a indiqué lundi Christine Coulombe, porte-parole de la sûreté du Québec lors d’un point de presse. Selon un témoignage recueilli parLe Journal de Québec, une des victimes aurait été tuée alors qu’elle tentait de désarmer un assaillant. Toujours selon Le Journal, parmi les six victimes, on retrouve deux Algériens, un Marocain, un Tunisien et deux citoyens d’Afrique subsaharienne. Lundi après-midi, sur les huit blessés, cinq étaient toujours dans un état critique, a indiqué Geneviève Dupuis, porte-parole du Centre hospitalier du Québec.

Qui sont les suspects ?

Les médias locaux ont identifié les suspects qui se nommeraient Alexandre Bissonnette et Mohamed Khadir. Ce dernier serait d’origine marocaine. La police n’a pas voulu confirmer les identités, se bornant à mentionner leur nationalité canadienne. « Pour le moment, rien ne nous porte à croire qu’il y aurait d’autres suspects reliés à l’événement », a précisé Cristine Coulombe la porte-parole de la police.

Un premier suspect a été arrêté à proximité de la mosquée. Un second suspect a appelé la police pour se rendre, a indiqué lundi Denis Turcotte, inspecteur de la police de Québec. Vers 20h10, soit quinze minutes après le signalement de la fusillade, un homme a appelé le numéro d’urgence « pour parler de son geste ».

« Le deuxième suspect a rapidement dit aux policiers qu’il avait garé son véhicule à une vingtaine de kilomètres de là et que les policiers pouvaient l’arrêter », a raconté Denis Turcotte. Il a été interpellé à 21h. La police n’a pas précisé si le jeune homme, âgé entre 25 et 30 ans, regrettait son geste ou en donnait les motivations.

Néanmoins, un peu plus tard, la police canadienne a précisé « qu’un seul des individus arrêtés hier soir en lien avec l’attentat de Québec est considéré comme suspect ». Selon les médias locaux, l’étudiant en science politiqueq Alexandre Bissonnette, serait l’individu considéré comme suspect et qui aurait téléphoné à la police pour se rendre. Etudiant canadien d’origine marocaine, Mohamed Khadri a été entendu comme témoin et relâché, selon les médias.

Y a-t-il eu des précédents au Canada ?

C’est la première fois qu’une attaque de ce genre vise une mosquée au Canada où la population de religion musulmane est estimée à environ 1,1 million, selon l’institut de la statistique. C’est dans le quartier résidentiel Sainte-Foy, bordant une vaste zone de bureaux et de commerces à une dizaine de kilomètres à l’ouest du centre historique de la ville de Québec, que le drame s’est joué.

Le même lieu de culte avait été l’objet l’été dernier d’un geste à caractère haineux, quand une tête de porc avait été déposée devant l’une de ses portes. Plusieurs autres mosquées avaient également été l’objet à travers le Canada de dégradations au cours des deux dernières années.

Y a-t-il eu des revendications ?

Des groupuscules nationalistes québécois, refusant l’étiquette d’extrême droite, ont tenu lundi à se dissocier des deux individus qui ont tué la veille six personnes dans une mosquée de Québec. « La violence n’est pas notre solution », a indiqué dans la nuit de dimanche à lundi la Fédération des Québécois de souche (FQS), un groupe s’affichant comme « nationaliste ».

Atalante Québec, un autre mouvement qui prône « la renaissance identitaire au Québec », a repris le même communiqué que la FQS en assurant en partager « à 100 % le message ». Le groupe La Meute « condamne tout acte de violence envers qui que ce soit » en soulignant que « le Québec est une société non violente ». Ce groupe qui revendique près de 3.000 membres, affirme protéger les valeurs et les fondements de la nation « afin que l’avenir de nos enfants ne se retrouve pas entre les mains de l’islam radical pro-charia ».