Les problèmes dans les aéroports sont la faute des manifestants anti-décret, selon Trump

ETATS-UNIS Et d'un problème d'ordinateur...

20 Minutes avec AFP

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Donald Trump au siège de la CIA à Langley (Virginie), le 21 janvier 2017.
Donald Trump au siège de la CIA à Langley (Virginie), le 21 janvier 2017. — MANDEL NGAN / AFP

Les problèmes rencontrés dans les aéroports américains après la signature du décret anti-immigration seraient liés… aux manifestants qui s’y opposent, à estimer ce lundi Donald Trump. Le président américain a également imputé ces perturbations à un problème d’ordinateur chez Delta.

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« Les gros problèmes dans les aéroports ont été causés par une panne d’ordinateur de Delta, les manifestants et les larmes du sénateur Schumer (un sénateur démocrate) », a accusé le président américain sur Twitter, soulignant que seulement 109 personnes avaient été arrêtées à leur arrivée sur le sol américain parmi les 325 000 passagers quotidiens.

Le secrétaire à la Sécurité intérieure, John Kelly, « a dit que tout se passait bien avec très peu de problèmes. L’AMERIQUE DOIT DE NOUVEAU ÊTRE SÛRE ! » a encore tweeté le président.

Critique jusque chez les républicains

« Essayer de trouver des terroristes avant qu’ils n'entrent dans notre pays n’a rien de plaisant. Etudiez ce qui se passe dans le monde ! ».

Le décret signé vendredi par le président, qui interdit temporairement l’entrée sur le territoire américain aux ressortissants de sept pays (Iran, Irak, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen) et gèle pour quatre mois toute entrée de réfugiés, a provoqué un tollé aux Etats-Unis et à l’étranger.

Donald Trump a été critiqué jusque dans son propre camp et des dizaines de milliers de manifestants à travers les Etats-Unis dénoncent un texte qu’ils jugent « anti-musulmans ».

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Confusion

Sur l’échiquier mondial aussi, on a réagi à ce décret. La Commission européenne va s’assurer qu’aucun de ses citoyens ne subit de discrimination sous le coup de ce décret, selon son porte-parole.

« Nos avocats sont en contact avec nos partenaires européens et autres, et nous allons nous assurer qu’aucune discrimination n’est infligée à nos concitoyens », a affirmé lundi Margaritis Schinas, lors d’un point presse à Bruxelles.

Les conséquences juridiques du décret américain « ne sont pas encore claires » en ce qui concerne leur impact éventuel sur des ressortissants de l’UE détenteurs de la double nationalité des pays visés, a-t-il expliqué. Les éléments disponibles sur le sujet sont pour l’instant « contradictoires », a-t-il précisé.

« Ici, c’est l’Union européenne, et dans l’UE nous ne faisons pas de discrimination basée sur la nationalité, la race ou la religion, non seulement en matière d’asile, mais dans n’importe laquelle de nos politiques », a-t-il insisté, rappelant « l’attachement » de la Commission et de son président Jean-Claude Juncker à ces principes.

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« Manque de générosité »

Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, le Jordanien Zeid Ra’ad Al Hussein, a dénoncé de son côté le « manque de générosité » du décret, contraire aux droits humains.

« La discrimination fondée sur la nationalité est interdite par les droits de l’homme », a tweeté le haut responsable onusien, qui s’exprime très rarement sur les réseaux sociaux. Le décret « américain fait également preuve d’un manque de générosité et gaspille les ressources nécessaires pour lutter contre le terrorisme », a-t-il ajouté.

Dans une déclaration conjointe, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR), deux institutions de l’ONU, ont rappelé samedi que « le programme américain de réinsertion est l’un des plus importants dans le monde ».

« Les places de réinsertion offertes par chaque pays sont vitales. L’OIM et le HCR espèrent que les Etats-Unis vont continuer à jouer leur rôle important de leader et poursuivre leur longue tradition de protection de ceux qui fuient les conflits et les persécutions », ajoutait leur déclaration.